Alors qu’une nouvelle semaine de mobilisation lycéenne commence à Toulouse ce lundi, les parents des lycéennes et lycéens craignent pour leurs enfants. Si la plupart comprennent les revendications, ils appellent à manifester dans le calme et sans violence.
Nouvelle semaine sous haute tension devant les lycées de Toulouse et d’Occitanie ? Ce lundi 5 octobre 2026, au moment de laisser leurs enfants retourner aux lycées ouverts, contrairement à 17 autres pour l’académie de Toulouse, les parents sont inquiets. Ils ont été marqués par les violences de la semaine dernière, entre lycéens et policiers. 124 jeunes ont été interpellés en marge des blocages depuis le début du mouvement, a indiqué vendredi 2 octobre le parquet de Toulouse. Les lycéens demandent de meilleures conditions de travail et dénoncent la vétusté de leurs locaux.
Dans les allées du salon de l’Étudiant au Meet, samedi 3 octobre, Mostafa, lycéen en terminale à Théodore-Ozenne à Toulouse, est venu avec sa maman, Kalma : « Ça va être encore pire lundi et mardi », assure-t-il, en parlant sur des groupes Snapchat. Son lycée est ouvert ce lundi. Même s’il assure ne pas participer aux blocages, sa mère n’est pas très sereine : « Je vais le renvoyer en cours mais dans un climat pas tranquille. Il peut se faire agresser, il peut prendre un coup perdu, un coup de lacrymogène. Ils n’ont que 17 ans… »
« Si ça chauffe, je viendrai le chercher »
En revanche, dans le Tarn-et-Garonne, le lycée Antoine-Bourdelle de Montauban n’ouvre pas ce lundi et demain, mardi. De quoi détendre un peu Bénédicte, la mère de Lorenzo en terminale. Mais elle craint un mouvement qui s’installe dans la durée : « On verra mercredi. S’il faut l’emmener, je l’emmènerai directement et je le récupérerai. Si ça chauffe, je viendrai aussi. J’ai pas envie qu’il soit blessé, qu’il soit pris à partie pour rien. Après je comprends les jeunes, je comprends qu’ils en aient marre. Moi j’ai 47 ans et des manifs j’en ai fait étant jeune. »
« Ma fille va manifester et je trouve ça très bien »
Les parents au salon encouragent globalement leurs enfants à faire entendre leur voix, mais en restant prudents et en évitant la violence. C’est le cas de Sébastien, papa de Nathan en première au lycée Victor Hugo à Colomiers: « L’hypocrisie de nos dirigeants met de l’huile sur le feu, tout comme leur inaction (…). Les enfants sont aussi intelligents que nous à notre époque. »
Erwann, père d’une lycéenne des Arènes à Toulouse, demande juste de la prudence : « Je ne l’encourage pas ni ne le dissuade pas. Je trouve que c’est bien que les jeunes s’impliquent dans leur avenir. Ma fille va manifester et je trouve ça très bien. Mais je n’accepte pas les débordements. »
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