Placée sous protection devant le tribunal de commerce de Barcelone, la compagnie aérienne low cost espagnole ferme plusieurs bases, supprime de nombreux vols, dont plusieurs au départ de Toulouse-Blagnac et de Rodez, et va réduire son nombre d’Airbus.
Les cours du pétrole commencent à faire leurs premières victimes dans les rangs des compagnies aériennes. Avec une hausse du kérosène comprise entre 65% et 80%, les trésoreries des entreprises de l’aérien sont soumises à de fortes tensions. Volotea a dû dépenser 150 M€ de plus à cause de la flambée des carburants et vient de se placer sous la protection du tribunal de commerce de Barcelone pour une procédure de restructuration de ses dettes avec ses créanciers, notamment les aéroports. Il ne s’agit pas d’un dépôt de bilan, mais d’une période permettant à la compagnie de négocier un rééchelonnement et éventuellement d’accueillir un nouveau partenaire financier.
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Toulouse-Blagnac et Rodez perdent des vols
Volotea se donne jusqu’à décembre pour mener à bien ses négociations, mais d’ici là, elle réduit drastiquement ses opérations afin de se concentrer sur les vols les plus rentables. Ainsi, la low cost ferme (temporairement) ses bases de Brest et de Lille et supprime au total 28 liaisons au départ de la France. Toulouse-Blagnac n’est pas épargné, puisque deux vols sont stoppés : Grand Canarie et Lanzarote. L’impact est aussi significatif à Rodez avec la suspension, plus tôt que prévu, des vols estivaux vers Porto, Lille ou Ajaccio. En revanche, la desserte de Paris-Orly depuis la cité ruthénoise est maintenue, car Carlos Muñoz, le PDG de Volotea, veut donner la priorité aux lignes d’obligation de service public (OSP).
Réduction de la flotte d’Airbus
L’objectif du plan de redressement est de réduire la dette de 250 à 300 M€ environ. Elle est aujourd’hui estimée à 356 M€. Cela passera notamment par une baisse du coût de la flotte négociée avec les loueurs, ce qui revient à réduire le nombre d’Airbus en opération, qui pourraient passer de 44 appareils à 30, en fonction des discussions avec les loueurs d’avions. Le patron de la compagnie veut prioriser les Airbus A320 qui affichent un meilleur coût du siège par passager transporté.
La compagnie continue à vendre des billets
Par ailleurs, une cinquantaine d’emplois pourraient être supprimés au siège de Barcelone. Toutefois, Carlos Muñoz a voulu rassurer : « Nous continuons à voler normalement, à proposer de nouvelles lignes, à vendre des billets et à préparer notre programme futur ». Les difficultés économiques proviendraient aussi de la révision de certains actifs fiscaux et des surcoûts dus à la conversion de devises. Le redressement pourrait permettre à la compagnie grecque Aegean, déjà actionnaire à 20 % de Volotea, de monter davantage au capital.










