Alors que la mobilisation des lycéens se poursuit à Toulouse, le groupe d’opposition Demain Toulouse veut porter leurs revendications au conseil municipal du vendredi 9 octobre. Il présentera un vœu demandant notamment à la Ville de soutenir les jeunes et d’appeler le gouvernement à renforcer les moyens de l’Éducation nationale.
La mobilisation lycéenne va désormais s’inviter dans l’arène politique toulousaine. Le groupe d’opposition Demain Toulouse présentera vendredi 9 octobre un vœu au conseil municipal pour demander à la Ville de soutenir les revendications portées par les lycéens. Une manière aussi de pousser Jean-Luc Moudenc et sa majorité à prendre position sur un mouvement qui dure depuis dix jours.
La question intervient alors que les blocages se poursuivent à Toulouse. Mercredi matin, des élèves se sont mobilisés devant le lycée Ozenne et devant le lycée hôtelier. La veille, la manifestation avait rassemblé environ 13 000 personnes selon les autorités et 30 000 d’après les organisateurs.
L’opposition demande à la mairie de prendre position
Pour Ilham Grefi, conseillère municipale de Demain Toulouse, la Ville ne peut pas rester en retrait. « Nous sommes très surpris qu’aucun membre de la municipalité ne soit allé à leur rencontre, ou ne se saisisse vraiment de cette thématique », a-t-elle déclaré mercredi. « La parole du maire de la troisième ville de France a une portée importante », insiste son collègue Salah Amokrane.
Le groupe affirme soutenir les demandes des lycéens tout en condamnant « toutes les violences ». « Nous sommes pour des actions pacifistes. Quitte à s’interposer pour que ça se passe bien, nous sommes là vraiment pour que les jeunes soient entendus et que la promesse républicaine soit respectée », ajoute Ilham Grefi.
Parmi les doléances, elle cite notamment les classes surchargées, les absences d’enseignants, le manque de moyens humains et les difficultés liées aux bâtiments scolaires. Elle évoque également des demandes concernant les personnels médico-sociaux, comme les infirmières et les AESH, et les failles de la plateforme Parcoursup. Le vœu qui sera présenté vendredi va dans ce sens et demande aussi des interventions proportionnées des forces de l’ordre. Le contexte national donne un argument supplémentaire à la mobilisation : le projet de budget 2027 prévoit 1 588 suppressions de postes d’enseignants titulaires.
L’autre groupe d’opposition sur la même ligne
L’autre groupe d’opposition du conseil municipal de Toulouse, Vivre Mieux, a également apporté son soutien au mouvement des élèves. Dans un communiqué diffusé lundi 5 octobre, il évoque plus globalement « une majorité déconnectée des préoccupations des Toulousain-es ».
« Nous sommes mobilisés pour soutenir la manifestation des lycéennes et des lycéens qui revendiquent légitimement d’avoir plus de professeurs dans leur lycée », déclare Hélène Cabanes. « Face à ça, la mairie stigmatise quelques comportements et quelques débordements, et donc se concentre sur quelques symptômes alors que ce qu’il faudrait traiter, ce sont les causes à la racine », déplore Maxime Le Texier.
Une mobilisation qui dépasse les compétences de la mairie
Toutes ces revendications ne relèvent toutefois pas directement des compétences de la municipalité. L’État est responsable de l’Éducation nationale et des personnels enseignants. La Région intervient de son côté sur les bâtiments des lycées. La mairie n’est donc pas responsable de l’ensemble des problèmes dénoncés par les élèves. Il est question de soutien, plus que d’action.
La Région, elle, a déjà pris position sur la mobilisation. Sa présidente Carole Delga indique avoir rencontré des lycéens à Nîmes, mardi 6 octobre, et dit partager leurs inquiétudes. Elle affirme notamment que les élèves soulèvent de « vrais problèmes », citant les classes chargées, Parcoursup et les conditions de restauration. L’élue a rencontré le Premier ministre ce mercredi après-midi. Nul doute que le sujet a été abordé.
















