À Toulouse, la densité de fast-foods atteint 39 établissements pour 10 000 habitants, bien au-dessus de la moyenne nationale. Cette prolifération, favorisée par la demande croissante des jeunes et les facilités d’ouverture, génère des emplois mais aussi des nuisances.
Sur le boulevard Strasbourg à Toulouse, les fast-foods s’enchaînent : Mak Food au numéro 43, Mom’s Pizza au 53, Kebab Café au 55, Chicken Street au 59… Avec environ 2 000 restaurants rapides, la Ville rose figure parmi les communes les plus fournies. La densité, nettement au-dessus de la moyenne nationale, s’élève à près de 39 établissements pour 10 000 habitants.
« Il y a eu une nette augmentation ces dernières années », confirme Sandrine Rossignol, directrice de la Fédération des associations de commerçants, artisans et professionnels de Toulouse. Et ce ne sont pas seulement les enseignes les plus connues comme McDonald’s, KFC ou Burger King : on retrouve des tacos, kebabs, pizzas, sandwichs, ou encore de la cuisine asiatique. Mais alors, qu’est-ce qui explique cette prolifération ? Sandrine Rossignol pointe la « facilité » des démarches d’installation pour la restauration à emporter par rapport à d’autres types de commerces.
« Mais ça correspond surtout à une demande », précise-t-elle. La métropole toulousaine gagne en effet chaque année des milliers d’habitants, majoritairement jeunes, étudiants ou actifs, plus adeptes de la restauration rapide. Dans le même temps, les habitudes alimentaires évoluent. « Aujourd’hui, les gens veulent de la rapidité dans tout, quitte à être moins impliqués dans le contenu réel de leur assiette. » Et dans un contexte économique tendu, les fast-foods permettent de continuer à manger dehors, tout en dépensant moins.
Burger King continue son développement à Toulouse
Cette dynamique ne se cantonne pas au centre-ville : des communes périphériques enregistrent aussi une progression, à l’image de Saint-Orens où Burger King fête sa première décennie d’installation. Il s’agit d’ailleurs de la toute première adresse de l’enseigne qui avait ouvert dans l’agglomération toulousaine. Depuis, la marque du mythique whopper a continué son expansion dans la Ville rose et ses alentours avec l’ouverture de seize enseignes au total en Haute-Garonne. Les plus éloignés de Toulouse se situent à Auterrive et à Castelnau-d’Estrétefonds. « On ne veut pas non plus faire de l’ombre aux commerces et restaurants qui sont là aujourd’hui mais on a une réflexion sur trois ou quatre sites dans les années à venir dans le centre-ville ou dans des communes alentours », assure Bruno Savoye, franchisé de restaurants Burger King dans l’agglomération. « Le bassin est large et très fort, Toulouse est la première ville de province en termes de volume d’affaires », précise-t-il.

Locaux, étudiants… le secteur recrute
Autre facteur clé de cet engouement : la création d’emplois. Selon McDonald’s France, « chaque ouverture représente en moyenne une cinquantaine d’emplois directs et indirects, accessibles sans exigence de diplôme et offrant une flexibilité particulièrement adaptée aux étudiants ». Ces postes, dont une large majorité en CDI, sont proposés en priorité aux habitants de la commune et des environs. Chez Burger King, une grande partie des employés sont des étudiants, de passage dans la métropole toulousaine. « En dix ans, Burger King a employé 5 000 collaborateurs sur la ville dont 700 personnes en permanence », explique Bruno Savoye. Une restauration accessible aux plus petits porte-monnaie et favorisant la création d’emplois… Les fast-foods sont attractifs. Mais « ça n’apporte pas que du positif », tient à nuancer Sandrine Rossignol. « Ça peut créer des nuisances, surtout quand ils sont nombreux dans la même zone : la vente à emporter implique beaucoup de passage, parfois des scooters et des vélos », déplore-t-elle.
















