La Toulousaine et mère de deux enfants de 9 et 10 ans, nés en Syrie, Nidhel Gheziel, a été condamnée par la cour d’assises spéciale de Paris à 8 ans de prison, pour « participation à une association de malfaiteurs terroriste », ce mardi 20 octobre. L’avocat général avait requis 9 ans d’emprisonnement.
La Toulousaine Nidhel Gheziel, 38 ans, a été condamnée par la cour d’assises spéciale de Paris à huit ans de prison pour « participation à une association de malfaiteurs terroriste », ce mardi soir 20 octobre 2026. Une peine accompagnée d’une obligation de suivi socio-judiciaire durant cinq ans.
Quelques heures auparavant, l’avocat général avait demandé une peine de neuf ans de prison avec deux tiers de sûreté et un suivi socio-judiciaire. Pour l’accusation, elle ne pouvait ignorer, lors de son départ en Syrie, que ce pays était tombé entre les mains de l’EI.
Décrite par les experts comme fragile, cette jeune femme, diplômée de droit, était partie en Syrie en août 2014, deux mois après l’instauration du califat par l’organisation terroriste de l’État islamique (EI).
Durant cinq ans, jusqu’en 2019, elle était notamment hébergée dans une « madafa », un foyer pour jeunes femmes seules ou veuves, à Tabqa, Raqqa et dans la région de Deir ez-Zor, sur les bords de l’Euphrate. Elle avait épousé religieusement le frère de Mohamed Megherbi, l’une des figures de la mouvance islamiste radicale toulousaine. Deux enfants naîtront de cette union. Elle avait évoqué « un mariage forcé » avec celui qui était membre de l’EI à cette époque et qui travaillait en tant qu’infirmier.
« J’ai été flouée »
Durant ces deux jours d’audience, Nidhel Gheziel est revenue sur les raisons de son départ en Syrie. « J’ai été flouée », explique-t-elle, pensant vivre là-bas sa religion librement. Mais une fois sur place, sur les conseils d’une amie rencontrée à Toulouse et qui est parvenue à la convaincre de la rejoindre, « la situation ne correspondait pas à ce que j’avais imaginé ».
Ses deux avocats toulousains, Mes Alexandre Martin et Emmanuelle Franck, qui ont obtenu une peine moindre que celle requise par l’accusation, ont insisté sur la vulnérabilité de la jeune femme qui n’a « jamais pris part aux combats et n’a jamais appartenu à une organisation de combattants », ont-ils défendu. Ils décrivent une femme isolée à Toulouse, en détresse psychologique et qui cherchait sa voie.
Nidhel Gheziel a été interpellée à son retour en France, en 2022 après avoir été expulsée par les autorités turques, avec ses deux enfants en bas âge. Elle avait été placée en détention provisoire à cette époque. Ses enfants ont été placés par les services sociaux.



















