Une équipe internationale, menée par des scientifiques de l’Université de Toulouse, aurait détecté, pour la première fois de façon directe, le champ magnétique d’une exoplanète grâce au spectropolarimètre SPIRou. Observée en septembre 2025, cette découverte reste à confirmer, car le signal initial n’a pas été reproduit lors des mesures suivantes. On vous explique.
Une étude, menée par des scientifiques de l’Université de Toulouse, annonce la possible détection du champ magnétique d’une exoplanète, pour la première fois de manière directe. Elle vient d’être publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics.
Si des sondes spatiales ont pu analyser directement le magnétisme des planètes de notre système solaire, les scientifiques devaient jusqu’ici se contenter d’indices indirects pour les 6 000 exoplanètes répertoriées. Or, ce champ magnétique joue un rôle crucial : il agit comme un bouclier protecteur indispensable au maintien d’une atmosphère.
L’effet Zeeman
Cette équipe internationale s’est appuyée sur l’effet Zeeman. Un phénomène physique qui se traduit par une modification de la lumière absorbée par les atomes sous l’effet d’un champ magnétique, laissant une empreinte caractéristique sur le spectre lumineux.
La méthode a été utilisée pour calculer le champ magnétique de l’exoplanète KELT-9b, géante gazeuse de près de trois fois la masse de Jupiter, située à 680 années-lumière et dont la face éclairée approche les 4 000 degrés Celsius.
Grâce au spectropolarimètre SPIRou, installé sur le télescope Canada-France-Hawaii, les chercheurs ont pu analyser la fine fraction de lumière traversant l’atmosphère de l’exoplanète lors de trois transits : le 7 septembre 2025, puis les 3 et 6 juillet 2026.
Un signal mesuré puis absent
La première mesure semble concluante, avec un signal de polarisation correspondant théoriquement à un champ magnétique de 2 000 gauss. Mais aucun signal n’a été capté lors des deux transits de juillet 2026. « Ce signal est ce qu’on appelle un candidat. Il a résisté à plusieurs vérifications mais à lui seul, il n’est pas une preuve suffisamment robuste », détaille Alexis Lavail, postdoctorant à l’Université de Toulouse, au sein de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie et premier auteur de l’étude.
Les scientifiques envisagent donc deux hypothèses : soit le signal de 2025 est une fluctuation du bruit (un faux positif), soit le champ magnétique varie. « C’est une situation à la fois intrigante et incroyablement frustrante », confie Nicholas Borsato, chercheur postdoctoral à l’Université de Toulouse au sein de l’IRAP et co-auteur de l’étude.
De nouvelles observations seront nécessaires pour confirmer ces données. Cette approche valide néanmoins une méthode directe inédite pour analyser le magnétisme des mondes lointains.















