À Toulouse, le week-end dernier, des tirs ont traversé des appartements, illustrant la violence entre quartiers pour le contrôle du trafic de drogue. Deux jeunes hommes, âgés de 18 et 19 ans, ont été arrêtés quartier Bellefontaine. La police les lie à la découverte d’armes de poing et d’une kalachnikov. Ils sont déférés ce mardi 27 octobre devant la justice pour une possible mise en examen pour association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée.
« Dans ce conflit entre Bellefontaine et La Reynerie, il y a désormais des tirs d’intimidation tous les jours. C’est insupportable ! » Le constat émane d’un spécialiste du dossier. La déstabilisation de certains caïds historiques du trafic de drogue à Toulouse, emprisonnés ou contraints de s’exiler pour éviter les foudres de la justice, a transformé certains quartiers en champ de bataille pour le contrôle des points de deal.
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L’odeur de la poudre
Le week-end dernier, plusieurs projectiles ont traversé les appartements de personnes innocentes. Contrepoint de cette violence aveugle, les services de police ont interpellé deux jeunes hommes, dans la nuit de samedi à dimanche, qu’ils soupçonnent fortement d’être liés à ces événements.
Vers 4 heures du matin, un équipage de la brigade anticriminalité perçoit des détonations et fonce vers un hall d’immeuble d’où semble émaner le bruit des armes. Un attroupement s’est formé, passage Duhamel. À la vue des forces de l’ordre, tout le monde s’égaie dans la nature en profitant de l’obscurité ambiante.
« Jamais vu ces armes »
Tout le monde sauf deux individus de 18 et 19 ans rattrapés à la « courette » et « très défavorablement connus des services », selon l’une de nos sources. Deux armes de poing et une Kalachnikov sont saisies, ainsi qu’une moto électrique Suron volée. La marque des commandos armés qui apprécient la discrétion silencieuse de sa motorisation, pour s’approcher au plus près de la cible sans éveiller ses soupçons, et sa vélocité au moment de mettre les bouts.
En garde à vue, le duo nie en bloc. « Ils n’ont jamais vu ces armes », soupire un enquêteur. Des éléments matériels tendraient à prouver le contraire. « L’un d’eux est connu pour trafic de stups, menaces de mort et détention d’arme », relève un fin connaisseur du dossier.
Deux suspects déférés
À l’issue de leurs auditions, ils doivent être déférés ce mardi 27 octobre devant la justice, en vue d’une mise en examen et d’un possible placement en détention provisoire. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Toulouse des chefs d’association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée, transport et détention d’armes de catégorie A.
Les armes ont-elles servi ce soir-là ? Ont-elles été utilisées sur des crimes au cours des derniers mois ? Les experts balistiques s’efforceront de le déterminer. Sont-elles passées entre les mains d’autres personnes que les suspects interpellés ? C’est ce que les enquêteurs cherchent désormais à établir.










