Suite au déblocage des réserves de l’État, les prix du diesel reculent. Nicolas Louda, membre de la Fédération française des combustibles, évoque une concurrence inégale et la situation critique de plusieurs petites stations rurales.
Suite aux mesures gouvernementales visant à libérer des barils des réserves de l’État, une baisse des prix du diesel de 10 à 20 centimes a été amorcée. Cependant, les stations-services indépendantes peinent à répercuter immédiatement. Nicolas Louda gérant de stations-services en Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne, Gers et membre de la Fédération française des combustibles carburants et chauffage détaille: « La baisse pour l’instant n’est pas très significative puisqu’on est des stations indépendantes, donc on peut commander des produits pétroliers à qui on veut. Et que comme on n’a pas le droit de vendre à perte, il faut quand même écouler nos stocks avant de refaire nos stocks avec des prix plus compétitifs. »
Les grands groupes et la grande distribution favorisée
Les gérants indépendants dénoncent un traitement inéquitable dans l’accès aux stocks stratégiques et dans la fixation des prix de gros. « En fait ils réservent les stocks stratégiques pour leur station à eux » peste Nicolas Louda.
D’après les professionnels, certains grands acteurs du secteur refusent de baisser leurs tarifs pour les distributeurs indépendants tout en réservant les avantages à leur propre réseau, ce qui fragilise durablement les petites structures rurales face à la grande surface : « On estime qu’on a une concurrence déloyale, quand Total vend le gasoil à 2,25 à plus de 10 centimes de leur prix de vente. »
Le réseau rural et le spectre des fermetures
La perte de compétitivité tarifaire entraîne une chute drastique de la fréquentation dans les stations indépendantes, estimée entre 40 et 50 %. Nicolas Louda raconte : « Sur un réseau d’une vingtaine de stations de service, toutes dans le milieu rural, on a à peu près 4-5 stations de service qui sont en grande difficulté… Quatre stations qui sont sur la sellette et on craint une fermeture si la situation ne s’améliore pas d’ici quelques mois. »
Alors que la mesure de déstockage étatique est limitée à une durée d’environ trois mois, les professionnels s’inquiètent de la reconstitution future des stocks et d’une possible envolée des cours en fin de période. En parallèle, les aides proposées par l’exécutif, à l’instar du prêt à taux zéro de 500 euros, sont jugées dérisoires au regard des besoins massifs de trésorerie nécessaires pour s’approvisionner (environ 25.000 euros ). : « Donc en fait, c’est comme s’ils avaient rien fait, donc mieux vaut rien faire plutôt que nous donner cet avantage-là » conclu Nicolas Louda.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555
















