Les policiers de la brigade anticriminalité ont rencontré des difficultés avec un conducteur peu pressé de s’arrêter, dans la nuit de vendredi à samedi, à Toulouse. Après un festival d’infractions au code de la route, ce conducteur s’est engagé dans une impasse. Fin de l’histoire. Pas vraiment, puisqu’il a foncé sur la voiture de police. La suite se joue tard ce lundi soir devant le tribunal correctionnel de Toulouse.
Seul dans le box du tribunal correctionnel, à quoi pense Ali ? Sans doute à sa jeunesse gâchée. « Depuis mes 14 ans, je n’ai jamais passé six mois dehors. À chaque fois, je fais de mauvais choix », prévient ce garçon qui doit fêter ses 23 ans début août.
Cette fois, il a été repéré dans une voiture pressée du côté de Purpan, dans la nuit de vendredi à samedi à Toulouse. Les policiers de la brigade anticriminalité ont voulu le contrôler. Pendant presque 3 kilomètres, Ali a foncé, accumulant les infractions routières. Surpris par une voiture de police à la sortie d’un rond-point pris à contresens, il s’est engouffré dans une impasse. « Et vous avez foncé, en marche arrière, sur les policiers », souligne la présidente Anne-Cécile Krygiel.
Juste sans permis…
« Je ne les ai pas vus. Je voulais simplement m’échapper… » Les policiers ont utilisé un tir de flash-ball pour stopper la course folle ; « Et vous vous êtes encore rebellé », s’agace la présidente. « Il s’est cramponné au volant. Jamais il n’a donné de coups », tempère Me Élisabeth Gomez, en défense.
Sorti de la voiture sans douceur, Ali se retrouve à nouveau devant le tribunal. « J’ai quitté la prison le 21 juin », prévient le jeune garçon, en séchant ses larmes. Dans la nuit, il conduisait sans permis « ni alcool ni stupéfiant », souligne, souriante, son avocate. Son casier judiciaire porte quand même déjà quatorze mentions. « On ne peut pas accepter de tels comportements aussi violents », s’indigne Me Stéphanie Pujol. Elle défend les trois policiers « choqués » par un conducteur « prêt à tous les excès, tous les risques pour s’enfuir ! »
Un habitué qui épuise le juge d’application, qui demande la révocation de son dernier sursis. Une demande appuyée par le procureur, exaspéré « par un garçon qui va toujours plus loin dans la délinquance. Aujourd’hui, il est jugé pour son quatrième refus d’obtempérer et n’a pas hésité une seule seconde à foncer sur les fonctionnaires de police ! » Le procureur requiert trois ans de détention, plus une révocation de sursis.
La défense : « Il faut lui tendre la main »
Cette peine, lourde, Me Élisabeth Gomez ne veut pas en entendre parler. Déjà, elle ferraille contre les délits retenus. « Le refus d’obtempérer, pourquoi y ajouter des violences ? Quand il recule, il cherche simplement à s’enfuir. Et la rébellion, elle n’existe pas. Les policiers l’admettent. » Surtout, l’avocate joue la carte de l’empathie et réclame « une main tendue ». « Jamais ce garçon n’a été accompagné. Jamais la justice ne lui a donné une vraie chance de se réinsérer ! »
Il est 22 heures et le tribunal prend un pari. Ali est relaxé pour les violences avec sa voiture et la rébellion. Il est condamné à un an de prison aménagé sous bracelet électronique. Les trois policiers obtiennent chacun 400 euros de dommages et intérêts, plus 800 euros pour les frais de justice. La main a été tendue. Est-ce qu’Ali va savoir la saisir ?















