Depuis le 23 septembre, plusieurs dysfonctionnements graves ont été constatés à la chambre mortuaire de l’hôpital Rangueil (CHU de Toulouse). Après la découverte de corps de nouveau-nés et de restes humains dans des conteneurs inadaptés, le corps non réclamé d’une personne décédée quatorze ans plus tôt a également été retrouvé. Les deux enquêtes administratives et l’information judiciaire ne sont toujours pas clôturées.
Pas moins de trois enquêtes sont en cours suite aux dysfonctionnements graves survenus à la chambre mortuaire de l’hôpital Rangueil. Une enquête administrative est menée au sein du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse. Une inspection est également diligentée par l’Agence régionale de santé (ARS Occitanie). Enfin, une information judiciaire a été ouverte par le procureur de la République de Toulouse.
Toutes ont pour objectif de faire la lumière sur plusieurs événements constatés au cours des dernières semaines. Le 23 septembre, deux fœtus, deux nouveau-nés et des éléments anatomiques ont été découverts dans un conteneur destiné à recevoir les déchets des activités de soins comme les seringues, pansements ou bandages. Selon le procureur de la République, qui a ouvert une enquête pour « atteinte à l’intégrité d’un cadavre et bris volontaire ou détournement de scellés », ils n’auraient pas dû être déplacés sans autorisation judiciaire spécifique et proviendraient d’expertises judiciaires pratiquées entre 2000 et 2016.
Auditions toujours en cours
Une semaine plus tard, probablement dans le cadre des enquêtes administratives et judiciaires, le corps d’une personne décédée en novembre 2012 est découvert dans la chambre mortuaire de Rangueil. Sans famille ni proches pour le réclamer, le corps de Michel Meynard, employé municipal de Castelnau d’Auzan-Labarrère, dans le Gers, aurait dû être restitué à la commune pour qu’elle organise ses funérailles. D’après les éléments recueillis par La Dépêche du Midi, la mairie n’aurait jamais reçu d’information en ce sens. Quatorze ans plus tard, le corps de Michel Meynard est toujours dans la chambre froide.
Sollicitées, les directions de l’ARS Occitanie et du CHU de Toulouse ne souhaitent pas s’exprimer et s’en tiennent au premier communiqué, commun, transmis le 25 septembre. Selon nos informations, des auditions seraient toujours en cours.
Le déménagement de 2024 en cause ?
« Compte tenu de la sensibilité de cette situation et de l’attention portée à une juste information, nous souhaitons faire preuve de prudence et attendons que l’ensemble des éléments soient établis. Il nous semble essentiel de laisser les enquêtes suivre leur cours, afin que toute la lumière puisse être faite et que nous puissions, le moment venu, nous exprimer et répondre aux sollicitations légitimes qui nous seront adressées », nous a répondu la direction du CHU de Toulouse.
Du côté des représentants du personnel, l’information ne filtre pas non plus. « Aucun élément supplémentaire ne nous a été communiqué », glisse un élu de la CGT qui avance que, lors du déménagement de l’Institut médico-légal sur le site de Purpan en février 2024, « il semble que les dossiers non actifs soient restés à Rangueil ». Une première explication ? « Les personnels du service sont touchés, ils viennent travailler pour prendre soin des personnes et des corps, nous refusons qu’un amalgame soit fait et que leur intégrité soit remise en question », conclut le représentant syndical.












