Depuis le 11 mai, les ambulanciers inter-hospitaliers du CHU de Toulouse sont en grève illimitée. Après l’échec des discussions avec la direction, les équipes ont décidé de bloquer le garage des ambulances. Derrière cette mobilisation, ils dénoncent un métier devenu « invisible », malgré des missions qu’ils jugent de plus en plus lourdes physiquement et psychologiquement.
Ce sont des professionnels que les patients croisent souvent sans vraiment connaître leur quotidien. Au CHU de Toulouse, les ambulanciers inter-hospitaliers assurent chaque jour des dizaines de transferts entre les différents hôpitaux du groupe hospitalier. Mais derrière ces trajets parfois perçus comme de simples déplacements logistiques, les agents décrivent un métier beaucoup plus dur qu’on ne l’imagine. Depuis le 11 mai, ils sont en grève illimitée. Et après plus de deux semaines de mobilisation, la colère est montée d’un cran.
Le garage des ambulances désormais bloqué
À la suite d’une nouvelle réunion avec la direction jugée « inutile » par les grévistes, les ambulanciers ont décidé de durcir le mouvement. Depuis le 27 mai, le garage des ambulances du CHU de Toulouse est bloqué.
Les personnels mobilisés assurent vouloir maintenir cette action tant qu’aucune réponse concrète ne sera apportée à leurs revendications. Les grévistes dénoncent un sentiment de mépris et une absence totale de reconnaissance de leur travail.
« On voit des choses que peu de gens voient »
Dans leurs témoignages, les ambulanciers racontent un quotidien très éloigné de l’image classique du transport sanitaire. Au CHU, ils prennent en charge des patients psychiatriques en crise, des détenus hospitalisés sous escorte, des personnes âgées désorientées, des malades très lourds ou encore des victimes de violences. Ils assurent aussi des transports de corps.
« On ne transporte pas seulement des patients, on gère aussi la violence et la mort », résume les textes présentés. Les professionnels évoquent aussi des journées marquées par des situations extrêmement éprouvantes, parfois sans véritable temps de récupération psychologique derrière.
« Nous ne sommes pas de simples chauffeurs »
C’est l’un des messages qui revient le plus souvent dans cette mobilisation. Les ambulanciers estiment que leur métier reste largement sous-évalué alors qu’ils participent directement à la continuité des soins hospitaliers. Ils rappellent intervenir dans des services sensibles comme la psychiatrie, la médecine nucléaire, le SAMU ou les unités accueillant des détenus hospitalisés.
racontent devoir gérer seuls des patients agités, désorientés ou agressifs pendant les transferts. D’autres écrits évoquent la pression émotionnelle liée aux décès et aux transports de corps réalisés régulièrement au sein de l’hôpital. Pour les grévistes, cette réalité n’est aujourd’hui ni suffisamment reconnue, ni correctement prise en compte dans leurs conditions de travail.
Une fatigue physique et mentale qui s’accumule
Au fil des années, les équipes disent voir leur métier devenir de plus en plus difficile. Les manutentions répétées, les gardes, les nuits, les week-ends, les risques infectieux ou encore les tensions avec certains patients participeraient à une fatigue générale devenue difficile à supporter.
Les ambulanciers dénoncent également un manque de moyens humains et des effectifs jugés insuffisants. Plusieurs agents expliquent aussi avoir le sentiment de devoir absorber une charge de travail toujours plus lourde dans un hôpital déjà fragilisé par les tensions du système de santé.
Une grève autour de la reconnaissance du métier
Au-delà du conflit local, les ambulanciers veulent aussi alerter sur la place des ambulanciers hospitaliers dans le service public de santé. Ils réclament notamment une meilleure reconnaissance de leurs missions, une réactualisation de leur fiche de poste et l’attribution d’indemnités déjà appliquées dans certains autres CHU français.
Les grévistes dénoncent une forme d’inégalité avec des établissements comme Angers ou Tours où certaines primes seraient déjà accordées.
Une mobilisation qui dépasse désormais Toulouse
Au fil des jours, le mouvement commence aussi à trouver un écho plus large dans le monde hospitalier. Les ambulanciers assurent recevoir de nombreux messages de soutien de soignants, d’agents hospitaliers et parfois même de patients. Car derrière cette grève, c’est aussi le malaise d’une partie de l’hôpital public qui ressurgit.
À Toulouse, les ambulanciers disent désormais vouloir continuer « aussi longtemps qu’il le faudra ». Et dans les couloirs du CHU, beaucoup estiment que ce conflit dépasse aujourd’hui largement la seule question des primes ou des salaires.
















