Ses aveux formulés auprès de ses deux nouveaux avocats, Mes Guy et Pierre Debuisson, sont-ils le signe d’un changement radical d’attitude de Cédric Jubillar lors de son prochain procès, en appel, à Toulouse ? L’an dernier, son comportement dans le box et ses réponses évasives l’avaient clairement desservi.
« Je ne sais pas, peut-être… si vous le dites… » Ces bouts de phrases lâchés au détour de questions cruciales lors de son procès ont jeté le trouble sur un Cédric Jubillar peu disert et finalement très peu convaincant. C’est ce qui a vraiment marqué lors des audiences devant la cour d’assises du Tarn, entre septembre et octobre 2025. Condamné à 30 ans de réclusion criminelle après quatre semaines d’audience, il a continué à clamer son innocence dans la disparition et le meurtre de son épouse, Delphine Jubillar.
Une infirmière mystérieusement volatilisée dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines (Tarn). Une affaire complexe, sans corps, ni scène de crime, ni aveux. Un dossier rassemblant des indices graves et concordants désignant un unique suspect : Cédric Jubillar. Un mari décrit comme jaloux et manipulateur qui aurait mal digéré la séparation à venir avec son épouse. Une femme de 33 ans, infirmière et mère de deux jeunes enfants, qui projetait de refaire sa vie avec son amant.
L’erreur du « copié-collé »
Lors de ces audiences, l’attitude de Cédric Jubillar dans son box interroge. Passif, peu démonstratif, approximatif dans ses réponses laconiques, il manifeste parfois peu d’émotion. Fermé, verrouillé à double tour. Cela en fait-il un coupable pour autant ? Ses avocats de l’époque, Mes Alexandre Martin et Emmanuelle Franck, connaissent le dossier sur le bout des doigts. À leurs yeux, un dossier « fabriqué de toutes pièces » où les éléments de preuve manquent cruellement. Et c’est cela qu’ils vont plaider avec hargne et persévérance. Jetant un véritable pavé dans la mare en révélant le bornage du téléphone de l’amant à Cagnac-les-Mines, la nuit de la disparition de Delphine Jubillar. Un coup de théâtre qui a fait vaciller des certitudes et semé le doute dès les premiers jours de ce procès explosif. Finalement, les enquêteurs rectifient le tir le lendemain en concédant « une erreur de copié-collé » sur un listing téléphonique dans lequel le numéro de l’amant de Delphine Jubillar n’aurait jamais dû se trouver.
Ce premier coup de chaud a eu le mérite de donner le ton. En bousculant des évidences trop rapidement acquises dans un dossier construit sur la base d’une série d’indices tous contestables : des cris entendus dans la nuit, la voiture des Jubillar qui aurait changé de sens de stationnement, les lunettes de Delphine Jubillar retrouvées cassées dans le salon et Louis, l’un des deux enfants du couple, témoin d’une dispute…
La colère de Louis
Un enfant âgé de six ans en 2020, qui, lors de ce procès, a remis une lettre à son administratrice ad hoc. Cette dernière avait affirmé à la barre que l’enfant est « convaincu que son père est responsable de la disparition de sa mère ». Elle avait ajouté : « Il attend qu’il dise où est sa mère ». On apprend aussi lors de cette déposition que Louis est très en colère après son père « qu’il ne dit pas toute la vérité ». Louis évoque aussi des épisodes de « maltraitance » que lui aurait fait subir son père, s’agenouiller sur des jouets de construction emboîtables ou des « humiliations » en guise de punition. Cédric Jubillar, dont l’enfance a été marquée par des abandons successifs et des carences éducatives, a toujours estimé qu’il devait être craint de son fils « pour être respecté ».
Véritable coup de tonnerre, à l’approche du second procès (21 septembre 2026), ces aveux formulés auprès de ses deux avocats vont-ils changer sa relation avec son fils Louis ? C’est en tout cas un premier pas significatif pour ressouder les liens.














