Inquiétudes sur la santé à Fronton. Le redressement judiciaire de la clinique Saint-Roch, une procédure collective déclenchée par des difficultés financières majeures, inquiète les habitants. D’autant que l’offre de soins locale pourrait être bouleversée en l’absence de repreneur. Une réunion publique est donc prévue vendredi pour informer les habitants des enjeux. Nous avons interrogé le patron de la clinique, le docteur Jérôme Marty, afin de mieux comprendre ce dossier.
L’annonce dans les colonnes de La Dépêche du redressement judiciaire de la clinique Saint-Roch a suscité une vive inquiétude à Fronton. Pour répondre aux interrogations légitimes sur l’avenir de l’offre de soins locale, une réunion publique est organisée ce vendredi 10 juillet 2026 à 17 h 30 au château Capdeville. Hugo Cavagnac, le maire de la commune, participera à ce rendez-vous destiné à expliquer aux habitants la situation actuelle de l’établissement de santé, placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse le 1er juin dernier.
Une situation économique critique
La clinique Saint-Roch, établissement de soins de médecine et de réadaptation (SMR), compte 52 lits avec un taux de remplissage de 90 %. Sauf qu’il subit des turbulences financières depuis plusieurs mois. Selon le docteur Jérôme Marty, à la tête de la structure depuis 2005, la situation a été aggravée par la réforme du financement de 2024 touchant spécifiquement les SMR. « Cette réforme, extrêmement mal conçue, a précipité l’établissement dans les difficultés et a rendu notre situation financière illisible pour les années à venir », fustige le médecin. Selon nos informations, les consignes de l’Assurance Maladie sur la facturation et l’inadaptation des logiciels informatiques face aux nouveaux tarifs a accentué le déficit. De plus, une enveloppe forfaitaire a finalement été amputée à l’établissement afin de soutenir d’autres structures, selon des sources proches du dossier.
Un impact sanitaire majeur redouté
La direction s’active depuis pour trouver un repreneur, une démarche entravée par le manque de visibilité qui paralyse les grands groupes privés, « même les plus gros, type Ramsey, Elsan ne bougent pas », explique Jérôme Marty. L’enjeu est crucial pour ce territoire, déjà classé en zone d’action complémentaire par l’Agence régionale de santé (ARS) en raison d’un déficit médical. La clinique prend en charge des pathologies lourdes comme les cancers ou la maladie d’Alzheimer, évitant l’éloignement des familles. L’objectif est d’échapper à la liquidation judiciaire, « ce qui aurait un fort impact sur le plan sanitaire, ce qu’on cherche à éviter à tout prix », conclut le docteur Jérôme Marty qui entend « jouer la transparence » alors que « les Frontonnais se posent pas mal de questions ».











