Les anciens avocats de Cédric Jubillar, Mes Alexandre Martin et Emmanuelle Franck, n’ont jamais constaté un homme décrit comme « végétatif ». Si tel avait été le cas, « nous n’aurions jamais accepté qu’il se présente à son procès ».
Vous avez été les précédents avocats de Cédric Jubillar jusqu’en décembre 2025. Comment réagissez-vous à ses aveux ?
Mes Alexandre Martin et Emmanuelle Franck : Il s’agit pour nous de confessions et non d’aveux. Dans cette affaire, nous sommes surpris à la fois sur le fond et sur la forme. D’abord, que cet homme réserve ses déclarations, dans un premier temps, à la presse. Ensuite, pendant cinq ans, Cédric Jubillar clamait haut et fort son innocence. Nous n’avions pas de question à lui poser sur son implication ou sa culpabilité dans la disparition de son épouse. Nous l’avons confronté à un dossier qui démontrait des failles. Il nous disait, à cette époque, « je suis innocent », le reste ne nous regardait pas.
Vous sentez-vous trahis aujourd’hui ?
Ce n’est pas un sentiment de trahison. Il a fait le choix de nier les faits pendant cinq ans. Il a à présent décidé de libérer sa conscience et c’est une bonne chose pour la famille de Delphine Jubillar. Cédric Jubillar est tout à fait libre de dire ce qu’il veut. Surtout que le dossier ne démontre pas sa culpabilité. Au regard du dossier lacunaire, ce que disait Cédric Jubillar pouvait être tout à fait crédible.
Ses nouveaux avocats, Mes Guy et Pierre Debuisson, attestent que leur client a été affaibli par des prises de médicaments successives. Vous semblez contester ?
Lorsque nous le défendions, il est clair que cet homme vivait dans des conditions difficiles, à l’isolement, à la maison d’arrêt de Seysses. Mais il ne nous a jamais dit qu’il était sous l’emprise de médicaments et notamment de neuroleptiques. Il n’en a jamais parlé. Son état de santé a dû se dégrader fortement depuis décembre 2025, au moment où il nous a dessaisis. Ce qui est certain, c’est que nous n’avons jamais constaté chez Cédric Jubillar un état « végétatif ». Nous avions des conversations normales, sensées, avec lui. Et s’il avait été dans un état décrit comme « végétatif », nous n’aurions jamais accepté qu’il comparaisse dans ces conditions lors de son procès. Pour l’anecdote, lors des audiences à Albi, un matin, il est arrivé grippé. Au regard de son état, nous nous sommes entretenus avec lui et lui avons demandé s’il souhaitait que l’on reporte l’audience, étant donné son état fébrile. Mais il ne l’avait pas souhaité.

















