35 degrés, même la nuit, relevés fin juin dans un bâtiment minéral et sans végétation aux alentours. Le Centre de rétention administratif de Cornebarrieu, près de Toulouse (Haute-Garonne) est dans le collimateur de la Cimade. L’association d’entraide et de solidarité active envers les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile dénonce « des conditions inhumaines dans une situation d’urgence » qui se répète, alors que la Haute-Garonne est touchée en moins d’un mois par une nouvelle alerte canicule.
La Cimade pointe l’absence de ventilateurs et de climatiseurs au Centre de rétention administrative de Cornebarrieu, situé près des pistes de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Des travaux de rénovation ont bien débuté fin 2025 mais n’incluent pas l’installation d’un système de climatisation pour les personnes enfermées. « Il y a théoriquement une climatisation pour le personnel mais qui ne fonctionne pas à cause des travaux, mais cette partie a cependant reçu des climatiseurs, preuve que la chaleur est insupportable », souligne Mélissa Limuka, intervenante juridique pour la Cimade à Toulouse.
Obligés de dormir dans la cour pour un peu de fraîcheur
« Notre équipe salariée a elle-même dû réduire ses horaires de présence compte tenu de la chaleur dans les locaux, ajoute la représentante de la Cimade. Elle a relevé dans les lieux de vie des personnes retenues la température de 31 °C dans les couloirs en début de journée. » Les CRA retiennent les étrangers qui font l’objet d’une décision d’éloignement, dans l’attente de leur renvoi forcé.
Selon la Cimade, dans le CRA de Cornebarrieu, certaines personnes retenues dormiraient dans les cours extérieures la nuit afin de trouver un peu de fraîcheur. Face aux températures caniculaires, aucune réelle solution n’a été proposée. Aucun ventilateur n’a été fourni, la seule alternative pour rafraîchir les personnes retenues est la distribution de deux bouteilles d’eau fraîche de 33 cl par jour, une dans l’après-midi et l’autre lors du repas du soir.
Une situation qui n’est pas nouvelle selon l’association puisque les épisodes de chaleur intense se multiplient ces dernières années, sans anticipation des autorités, selon la Cimade. « Il y a un plan canicule adapté sur tout le territoire mais rien dans les CRA c’est pourquoi nous demandons la suspension des mesures d’enfermement de ces personnes dans des conditions inhumaines, rappelle Mélissa Limuka. L’administration devrait au moins fournir des ventilateurs aux 95 personnes retenues. »
Certaines personnes enfermées aujourd’hui au CRA de Toulouse ont des pathologies, physiques ou psychologiques, qui sont aggravées par la chaleur, selon la Cimade. D’autres ont fait des malaises en raison des températures. L’association a saisi la Direction générale des étrangers en France pour demander la suspension de l’enfermement des personnes compte tenu de ces conditions difficiles et la mise en place de mesures spécifiques pour des personnes particulièrement vulnérables. Une demande restée sans retour.











