La loi sur la fin de vie a été définitivement adoptée par l’Assemblée nationale. En Occitanie, les députés ont largement suivi les positions de leurs groupes politiques : la gauche et le centre ont voté pour le droit à l’aide à mourir, tandis que l’extrême droite s’y est opposée.
Après des mois de débats parlementaires, la loi créant un droit à l’aide à mourir a franchi sa dernière étape. Ce mercredi 15 juillet, l’Assemblée nationale a adopté définitivement le texte par 291 voix contre 241, lors d’un quatrième et ultime scrutin. Cette réforme ouvre, pour la première fois en France, la possibilité du suicide assisté ou de l’euthanasie (avec possibilité d’une clause de conscience pour les médecins), sous certaines conditions, pour des personnes atteintes d’une affection grave et incurable et confrontées à des souffrances persistantes liées à leur maladie.
Ce vote met fin à un long bras de fer entre les deux chambres du Parlement. Déjà approuvée à trois reprises par les députés, en mai 2025, puis en février et juin 2026, la proposition de loi avait été rejetée à chaque fois par le Sénat, dominé par la droite. Face à ce blocage, l’exécutif a finalement décidé de laisser le dernier mot à l’Assemblée nationale.
Dans l’hémicycle, les équilibres politiques ont largement pesé sur le résultat final. La majorité des députés de gauche et une grande partie du centre ont soutenu le texte, tandis que la droite et l’extrême droite se sont majoritairement opposées à son adoption. En Occitanie, les parlementaires ont globalement suivi cette même ligne, avec quelques nuances selon les formations et les territoires.
Une majorité de députés de gauche et du centre favorables au texte
Du côté des élus de gauche, le soutien à la réforme a été quasi unanime. Les députés de La France insoumise ont tous voté en faveur de la loi. Pour Hadrien Clouet, député de Haute-Garonne, ce vote constitue ainsi « l’abolition d’une torture insidieuse qui a tant détruit de personnes et de familles ». Les Écologistes et les députés du groupe LIOT (Libertés, Indépendants, Outre-mer et Territoires) ont également approuvé le texte.
Même constat chez les Socialistes, qui ont largement soutenu la réforme. Une seule exception en Occitanie : Jacques Oberti, député de la 10ᵉ circonscription de Haute-Garonne, qui s’est abstenu. Son collègue Joël Aviragnet, député PS de Haute-Garonne, a salué l’aboutissement du travail parlementaire engagé depuis plusieurs mois. « Ce texte est le fruit de longs débats, très riches, à la hauteur de ce sujet crucial qui intéresse tant les Français. Le Parlement a posé un cadre rigoureux, évitant les dérives mais ouvrant ce nouveau droit pour les Français. Nous étions attendus pour faire évoluer la loi, nous avons répondu présents. »
Le vote a également été favorable chez les députés du groupe Ensemble, conformément à la tendance observée au niveau national. En Occitanie, Pauline Cestrières et Jean-François Rousset, députés de l’Aveyron, Corinne Vignon (Haute-Garonne) et Jean Terlier (Tarn) ont voté pour. Seul Jean-René Cazeneuve, député du Gers, a choisi l’abstention.
Via les réseaux sociaux, Corinne Vignon a expliqué son choix : « J’ai voté, à nouveau “pour” et avec conviction, en faveur de ce texte. Profondément équilibré, il affirme un principe simple : permettre, dans un cadre strict, à celles et ceux dont la souffrance est devenue insupportable et sans perspective d’amélioration de pouvoir choisir. Ce vote marque une avancée majeure de notre droit. Il témoigne de notre volonté de concilier humanité, responsabilité et respect de la dignité de chacun, dans les derniers instants de la vie. »
Au centre de l’échiquier politique régional, le groupe Horizons s’est montré plus partagé. Jean-François Portarrieu, député de Haute-Garonne, s’est abstenu. Aucun député centriste occitan n’a toutefois voté contre la réforme.
L’extrême droite rejette massivement la réforme
À l’inverse, les élus d’extrême droite se sont majoritairement opposés au texte. Les trois députés UDR d’Occitanie, Pierre-Henri Carbonnel (Tarn-et-Garonne), Charles Alloncle (Hérault) et Alexandre Allegret-Pilot (Gard), ont tous voté contre. Ce dernier a vivement critiqué la réforme, estimant que « de la peine de mort à la mort sans peine, cette loi scélérate est un mirage qui sacrifie nos concitoyens les plus vulnérables pour la bonne conscience de quelques privilégiés ».
La position est similaire au Rassemblement national, dont les députés ont presque tous rejeté le texte. Deux élus n’ont toutefois pas participé au scrutin : Frédéric Falcon, député de l’Aude, et Stéphanie Galzy, députée de l’Hérault, absents lors de la séance. Plusieurs parlementaires ont justifié leur opposition par la crainte d’un changement de modèle dans l’accompagnement de la fin de vie. Pierre Meurin, député du Gard, estime ainsi qu’il s’agit de « légaliser l’injection de substance létale dans le corps des plus fragiles ».
Dans l’Hérault, Bernard Chaumeil a également confirmé son opposition à la réforme : « Fidèle à mes convictions, j’ai une nouvelle fois voté contre la proposition de loi sur la fin de vie. Parce que je refuse que notre société renonce à protéger les plus fragiles, je continuerai à défendre le choix de la vie, de la dignité et de l’accompagnement. »
Des clivages territoriaux qui reflètent les équilibres politiques
Au-delà des appartenances partisanes, l’analyse du scrutin département par département fait apparaître plusieurs contrastes en Occitanie.
Dans certains territoires, le vote a été particulièrement homogène. Tous les députés de l’Ariège, de l’Aveyron et de la Lozère ont ainsi voté en faveur du texte. Les élus des Hautes-Pyrénées ont également tous choisi le “pour”. À l’inverse, aucun député du Gard, des Pyrénées-Orientales et du Tarn-et-Garonne n’a soutenu la réforme.
La Haute-Garonne et le Gers présentent une situation intermédiaire : aucun parlementaire de ces départements n’a voté contre le texte, même si certains ont choisi l’abstention. Dans l’Aude, la tendance est inverse : aucun député n’a voté pour, les positions se partageant entre opposition et absence lors du scrutin.
Loi sur l’aide à mourir : le vote des députés
Ariège
- Martine Froger (socialistes et apparentés) : POUR
- Audrey Abadie-Amiel (LIOT ) : POUR
Aude
- Édouard Jordan (RN) : CONTRE
- Frédéric Falcon (RN) : ABSENT
- Julien Rancoule (RN) : CONTRE
Aveyron
- Laurent Alexandre (LFI) : POUR
- Pauline Cestrières (Ensemble) : POUR
- Jean-François Rousset (Ensemble) : POUR
Gard
- Alexandre Allegret-Pilot (UDR) : CONTRE
- Catherine Dellong Meng (RN) : CONTRE
- Yoann Gillet (RN) : CONTRE
- Sylvie Josserand (RN) : CONTRE
- Nicolas Meizonnet (RN) : CONTRE
- Pierre Meurin (RN) : CONTRE
Gers
- Jean-René Cazeneuve (Ensemble) : ABSTENTION
- David Taupiac (LIOT) : POUR
Haute-Garonne
- Christine Arrighi (Écologiste) : POUR
- Joël Aviragnet (socialistes) : POUR
- Christophe Bex (LFI) : POUR
- Hadrien Clouet (LFI) : POUR
- Jacques Oberti (socialistes) : ABSTENTION
- François Piquemal (LFI) : POUR
- Jean-François Portarrieu (Horizons) : ABSTENTION
- Arnaud Simion (socialistes) : POUR
- Anne Stambach-Terrenoir (LFI) : POUR
- Corinne Vignon (Ensemble) : POUR
Hautes-Pyrénées
- Denis Fégné (socialistes) : POUR
- Sylvie Ferrer (LFI) : POUR
Hérault
- Charles Alloncle (UDR) : CONTRE
- Manon Bouquin (RN) : CONTRE
- Sylvain Carrière (LFI) : POUR
- Fanny Dombre Coste (socialistes) : POUR
- Julien Gabarron (RN) : CONTRE
- Stéphanie Galzy (RN) : ABSENTE
- Bernard Chaumeil (RN) : CONTRE
- Nathalie Oziol (LFI) : POUR
- Jean-Louis Roumégas (Écologistes) : POUR
Lot
- Aurélien Pradié (Non inscrit) : CONTRE
- Christophe Proença (socialistes) : POUR
Lozère
- Sophie Pantel (socialistes) : POUR
Pyrénées-Orientales
- Sophie Blanc (RN) : CONTRE
- Sandrine Dogor-Such (RN) : CONTRE
- Michèle Martinez (RN) : CONTRE
- Anaïs Sabatini (RN) : CONTRE
Tarn
- Philippe Bonnecarrère (Non inscrit) : CONTRE
- Karen Erodi (LFI) : POUR
- Jean Terlier (Ensemble) : POUR
Tarn-et-Garonne
- Pierre-Henri Carbonnel (UDR) : CONTRE
- Marine Hamelet (RN) : CONTRE















