Ils remontaient vers Cahors (Lot) avec 1,45 kg de résine et 105 g de cocaïne dans le coffre. Jugés en comparution immédiate ce vendredi 17 juillet 2026 au tribunal judiciaire de Montauban (Tarn-et-Garonne), un plaquiste et son meilleur ami, âgés de 26 ans, ont été condamnés respectivement à 12 mois ferme sous bracelet électronique et à 18 mois avec maintien en détention, pour trafic de stupéfiants.
Grand gaillard à la barbe fournie et aux cheveux attachés en tresse à l’arrière, William A., 26 ans, plaquiste originaire de Trappes (Yvelines) installé dans le Lot, se tient dans le box aux côtés de son meilleur ami. Ventru, un tatouage dans le cou et un autre au-dessus d’une arcade sourcilière, la barbe noire, Nelson M., 26 ans, habitant de Pradines (Lot), vit au RSA avec sa femme et leurs deux enfants de huit et douze mois.
Dans la grande salle d’audience Olympe-de-Gouges, surchauffée en ce vendredi de comparution immédiate, les familles et proches ont fait le déplacement en nombre depuis le Lot voisin pour les soutenir.
« Même pas dissimulés » : la drogue posée dans le coffre
Tout commence lors d’un contrôle des douanes établi sur l’A20 à Montalzat. Les deux amis, qui rentrent à Cahors après avoir acheté de la drogue dans le quartier d’Empalot, à Toulouse, indiquent d’emblée aux agents où se trouvent les stupéfiants. Même pas dissimulés, posés dans le coffre, 1,45 kg de résine de cannabis et 105 g de cocaïne sont découverts.
« Je reconnais les faits pour le trajet », lâche Nelson, resté peu disert durant sa garde à vue. Les analyses techniques de son téléphone permettent pourtant de mettre au jour une activité de revente auprès d’un dénommé Angelo. « Ce dernier dit que vous lui fournissez pour 140 € de résine tous les trois mois depuis 2023 », relève la présidente Aude Sallafranque. « J’étais plutôt un intermédiaire, je prenais son argent et je lui achetais sa consommation », se défend le prévenu.
Payé 100 euros pour le transport
Le profil de William tranche avec celui de son ami de dix ans. Chef d’équipe dans une société de plaquistes, il gagne 2 000 € par mois. « Ma consommation est occasionnelle », assure le jeune homme, qui dit s’être laissé embarquer par loyauté envers Nelson.
« On a récupéré 4 000 € pour aller acheter directement les stupéfiants à Toulouse, j’ai fait n’importe quoi », déplore-t-il, affirmant ne pas connaître le dealer cadurcien, alias Saturne sur Snapchat, pour le compte duquel ils assuraient ce transport.
« Combien avez-vous été payés ? », interroge la présidente. « 100 € », répondent les deux hommes, sans convaincre personne dans la salle. « Ce n’est pas cher payé pour vous retrouver ici », leur rétorque Aude Sallafranque. « On n’a pas réfléchi, je n’avais pas pensé aux conséquences », glisse Nelson, dont le casier judiciaire compte trois condamnations pour usage de stupéfiants — dont une au volant — et 12 mois ferme pour des vols avec violences en 2020. L’agent des douanes réclame une amende de 10 485 €, correspondant à la valeur de gros des drogues saisies.
« Ils ont gagné deux francs six sous »
Ironisant sur les « 100 € », le procureur de la République Bruno Sauvage se montre tout aussi sceptique face à la promesse d’embauche transmise par l’avocat de Nelson. « Cela fait huit mois qu’il est oisif et il nous sort du chapeau un travail de paysagiste avec une société dont on n’a pas pu vérifier le numéro Siret », s’agace le magistrat, rappelant que le prévenu était sous sursis probatoire et en liberté conditionnelle lorsqu’il poursuivait déjà son trafic.
Distinguant les deux profils, le procureur requiert 18 mois assortis de 6 mois de sursis probatoire contre William, avec placement sous bracelet électronique, et 36 mois assortis de 6 mois de sursis probatoire contre Nelson, avec maintien en détention. Il demande également la confiscation du véhicule de William, dans lequel la drogue a été saisie.
Plaidant la virginité du casier judiciaire de son client, Me Morgane Viana insiste sur son profil de travailleur et jusque-là sans antécédents. « Si vous lui confisquez son véhicule, il ne pourra pas se rendre à son travail, il n’y a pas de bus pour se rendre dans le village où se trouve son employeur », plaide-t-elle.
De son côté, Me Loïc Gressein relativise la gravité de l’affaire, rappelant que, la semaine précédente, dans un dossier où les douaniers avaient saisi 28 kg de cocaïne, l’un de ses clients au casier vierge avait écopé de deux ans ferme. « Ils ont gagné deux francs six sous, pour des faits qui ne sont pas si graves », plaide-t-il, promesse d’embauche à la main, réclamant pour son client un simple placement sous bracelet électronique.
24 mois et maintien en détention pour Nelson, bracelet électronique pour William
Le tribunal ne l’entend pas ainsi. Nelson est condamné à 24 mois de prison, dont 6 mois avec sursis probatoire, avec maintien en détention pour les 18 mois ferme restants. Son ami échappe en revanche à un retour en détention : William écope des réquisitions du parquet, ses 12 mois s’effectuant sous bracelet électronique — une décision qui provoque de gros soupirs de soulagement chez ses proches. Les deux hommes sont en outre condamnés solidairement à 10 485 € d’amende douanière et à la confiscation des scellés : le véhicule, les téléphones et les 430 € en liquide saisis.














