Pour lutter contre la sécheresse et la pénurie d’eau, la préfecture de la Haute-Garonne a imposé de nouvelles restrictions, en vigueur depuis le 18 juillet, sur le prélèvement et l’usage de l’eau. Pour autant, dans certaines communes, les habitants ont anticipé, remettant parfois en question la pertinence de l’arrêté. Ils utilisent leurs propres solutions pour économiser l’eau et essayer de résister à la chaleur, et font appel au bon sens. On vous explique.
Depuis le premier épisode caniculaire de mai, les fortes chaleurs n’ont jamais réellement quitté la Haute-Garonne. Le soleil est toujours là et les températures ne baissent pas. Une épreuve non seulement pour nous, mais surtout pour la nature et les sols. Le manque de pluie crée de la sécheresse, vidant les nappes phréatiques nécessaires au stockage naturel de l’eau.
Face à cela, la préfecture de la Haute-Garonne a encore renforcé les restrictions sur les prélèvements et les usages de l’eau depuis le 18 juillet. L’ensemble des communes de la Haute-Garonne est désormais concerné, mais avec une vigilance accrue notamment dans les vingt-deux communes bordant la rivière du Tarn, depuis le 11 juillet.
La quantité d’eau dans les bassins du secteur est en baisse significative, encourageant les limitations d’utilisation des ressources publiques par les particuliers. Pour autant, les habitants ont anticipé les événements.
« Les gens sont bien conscients de la situation »
Dans la rue de la Fontaine à Bessières, les pelouses virent au jaune. Martine, habitante de 71 ans de la commune, confie : « Dans tout le voisinage, personne n’arrose, nous comprenons bien que ce n’est pas raisonnable. » Pourtant, ni elle ni sa fille Fanny, qui vit dans la commune voisine de Buzet-sur-Tarn, n’ont eu vent de l’arrêté.
« Nous n’étions même pas au courant », explique cette dernière, qui constate tout de même que le champ de maïs d’à côté est arrosé en continu. « Ni la mairie ni la police ne nous ont communiqué cela, et les champs ne sont donc pas des indices puisqu’ils continuent à être irrigués », déplore-t-elle.
Pour faire face à la situation, Martine évoque une « initiative collective » et de bon sens qu’elle a eue avec ses voisins : « Je n’ai pas reçu de note de la mairie concernant l’interdiction d’arrosage, mais les gens sont bien conscients de la situation, ça fait quelques années qu’ils n’arrosent plus en plein été », explique-t-elle. Cette année particulièrement, « on se croirait en automne, les feuilles des tomates tombent ou se recroquevillent déjà ». Difficile de tenir un jardin dans ces conditions.
Une décision préfectorale jugée « un peu inutile » par certains habitants de Montastruc-la-Conseillère, commune en vigilance alerte. « À la campagne, on sait comment réagir à la sécheresse. Personne n’a entendu parler de l’arrêté de toute façon », déclare une habitante.

Les solutions contre les limitations d’eau
Mais Christine et Sylvain, qui habitent Buzet-sur-Tarn depuis plus de dix ans, remarquent que personne ne réduit réellement sa consommation d’eau pendant les canicules ou les sécheresses pour autant. En effet, dans les environs, eux comme beaucoup d’autres ont des puits. « Ça nous permet de ne pas utiliser les eaux publiques pour les tâches extérieures », justifie Sylvain.
Les restrictions imposées par la préfecture concernent l’eau puisée des nappes phréatiques ou des rivières directement. Le stock des puits appartient au particulier. Une forme d’indépendance pour Christine et Sylvain : « On fait attention pour ne pas tout épuiser, mais le puits nous donne des ressources supplémentaires. »
Ce que dit le nouvel arrêté
Depuis le samedi 18 juillet à 8 heures, la préfecture renforce les restrictions liées au prélèvement et à l’usage de l’eau. Cette fois, c’est presque toute la Haute-Garonne qui est concerné. L’axe Garonne et le bassin de l’Ariège passent en niveau d’alerte, tandis que le Tarn et les rivières connectées au système Neste sont maintenues à ce niveau. Les mesures visent à réduire de 30 % les prélèvements réalisés dans les cours d’eau et leurs nappes d’accompagnement.
En clair, l’arrosage des jardins, pelouses et terrains de sport est interdit entre 13 h et 20 h dans ces zones. Le lavage des véhicules et infrastructures y est interdit sauf impératif sanitaire. Les piscines des particuliers ne peuvent pas être remplies ni vidangées non-plus. Pour les autres communes, tout cela reste autorisé, sauf l’arrosage entre 13 h et 20 h.















