La sous-préfète de Limoux (Aude), Marie-Hélène Bouissac, était ce mardi matin l’invitée de la matinale spéciale d’ICI Occitanie pour dresser un premier bilan, une semaine après le passage d’une tornade à Pomas.
Une semaine après la tornade qui a endommagé les trois quarts de la commune de Pomas, dans l’Aude, la rédaction d’ICI Occitanie fait le point ce mardi matin avec la sous-préfète de Limoux, au micro de Jeanne-Marie Marco.
ICI Occitanie : Quelle semaine vous venez de passer ! C’est du sept sur sept, j’imagine… En général, les sous-préfètes ne parlent pas de leur vie. Pas évident comme rythme à tenir aussi ?
Marie-Hélène Bouissac : Écoutez, c’est normal, c’est nos missions, donc effectivement j’ai été là le plus souvent possible depuis lundi après-midi, depuis que la tornade a fait ses ravages et je vais dire tous les jours de 7h à 23h.
À J+7, est-ce que vous avez la certitude que tous les habitants sont désormais en sécurité à Pomas ?
Oui, les informations que nous avons bien sûr. Les personnes qui ont eu besoin de relogement l’ont été dès le premier soir : 56 personnes ont eu besoin de relogement et 36 ont été relogées par la commune, 20 par l’agglomération de Carcassonne. Et ensuite par des proches.
Le dernier bilan, donc, sur 476 maisons en tout à Pomas, combien sont inhabitables, combien ont pu être regagnées par leurs habitants ?
Alors 387 ont été impactées, ce qui représente 81% en taux de maisons impactées sur le village, à des degrés très différents. Pour les maisons impactées légèrement ou avec des travaux qui ont permis fqu’elles soient habitables assez rapidement, un nombre de 301. Par contre les maisons inhabitables, c’est-à-dire avec gros travaux ou presque complètement détruites, c’est 81 maisons, ce qui est important. Après il y a eu cinq maisons que nous n’avons pas pu évaluer, puisque en secteur trop proche du château.
On a tout de suite parlé d’un miracle pour Pomas avec aucune victimes dans cette tornade malgré l’intensité qu’on a vue. Il y a eu des rumeurs à un moment de personnes disparues. Il a fallu de faire taire ces rumeurs très vite ?
Oui tout à fait. Une personne nous a dit dans l’affolement avec la maison qui s’était écroulée, « je cherche mes petits, je cherche mes petits ! », donc effectivement tous les moyens de secours ont été mis en œuvre et en fait il s’agissait de ses petits chiens. Et nous, bien sûr, nous avons cru que c’était des enfants.
Le centre névralgique depuis une semaine, c’est la salle communale, la salle polyvalente à l’entrée de Pomas, juste après avoir passé les vignes, il se passe quoi encore dans cette salle ?
Il se passe le commencement de l’après, avec des agents France Services qui sont là pour aider les gens pour les démarches administratives. Et également, La Poste qui est venue distribuer les colis, les lettres des habitants. Voilà, c’est le commencement de l’après.
Je voulais quand même revenir sur les moyens engagés, parce que je pense que c’est important de souligner les moyens engagés, donc il y a eu 210 sapeurs-pompiers en tout : 120 sapeurs-pompiers de l’Aude, ce qui est énorme, 82 militaires de la Sécurité civile. Il y a eu ce qu’on appelle les USAR, l’unité de sauvetage d’appui et de recherche, qui ont participé tout au début aux recherches avec les chiens cynophiles. Et bien sûr, 18 forces de sécurité intérieures pour assurer la sécurité.
Et c’est grâce à ça que les routes sont désormais dégagées à Pomas, c’est allé très vite, il n’y a plus un gravat sur les routes. Le président de Carcassonne-agglomération a écrit au Premier ministre pour la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle, pour que la ville se relève plus facilement. Ce n’est pas vous qui décidez, mais vous appuyez le dossier ? Quand on est sous-préfète, on a ce pouvoir-là ou pas ?
Alors, on a fait remonter effectivement les besoins, ça se réinstruit au niveau national. Après ce n’est pas au niveau départemental que ça se fait.
Combien de temps faudra-t-il à votre avis pour reconstruire cette commune de mille habitants ?
Nous sommes déjà dans l’après aujourd’hui, nous sommes en train de nous organiser pour commencer à programmer un comité de pilotage sous ma présidence, en sous-préfecture de Limoux, avec les élus. Bien sûr, Monsieur le maire de Pomas, Carcassonne-Aglo, l’Association des maires de l’Aude et puis tous les services de l’État pour construire tout ce qu’il y a à programmer, tout ce qu’il y a à faire, tout ce qui relève de la coordination des travaux, et au niveau de l’État en termes de services techniques sur l’autorité du préfet pour s’organiser pour la suite. Le temps, ça sera un temps long probablement, mais actuellement je ne peux pas vous le dire.
On part en années ?
On va se mettre en ordre de marche pour aller le plus rapidement possible, bien sûr.
Et il y a un ordre des priorités, est-ce que ce sera d’abord les bâtiments publics, je pense à l’école évidemment devant laquelle on se trouve ce matin ?
Alors en fait, le maire, qui est le premier magistrat de la commune, ça sera lui qui définira les besoins et comment il veut organiser la suite pour sa commune et ses habitants.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555




















