À Montpellier, la multiplication des épisodes de chaleur, voire de canicule, de sécheresse, d’incendies et de pluies intenses pousse la Ville et la Métropole à renforcer leur préparation. Face à ces risques climatiques, les dispositifs de secours, d’alerte et de prévention sont progressivement adaptés.
À Montpellier, les services municipaux ont été particulièrement sollicités au cours des derniers mois. Entre les fortes chaleurs, les risques d’incendie, les épisodes pluvieux et les coups de vent, les situations nécessitant une mobilisation ne se concentrent plus sur une seule période de l’année. Cette succession pousse aujourd’hui la Ville et la Métropole à renforcer leur organisation face aux risques.
Le chiffre est parlant : entre le 1er septembre 2025 et le 27 août 2026, le Plan communal de sauvegarde (PCS), dispositif permet à la commune de coordonner ses services lorsqu’un événement présente un risque pour les habitants ou perturbe fortement la vie locale, a été activé à 24 reprises. Pour comparaison, en 2022, il n’avait été déclenché “que” 14 fois. Au total, en quatre ans, 74 activations ont été enregistrées.
Parmi les épisodes les plus importants, les pluies de décembre 2025 ont fortement marqué le territoire. En une semaine, 360 millimètres de précipitations ont été relevés, dont 160 mm en seulement six heures le 22 décembre. Plusieurs épisodes pluvieux ont ensuite conduit les services à fermer certains points bas de la métropole de Montpellier afin de limiter les risques pour les automobilistes et les riverains.
Quelques mois plus tard, c’est la chaleur qui a concentré l’attention. Trois épisodes de canicule ont représenté 16 jours de vigilance orange. La saison estivale 2026 a par ailleurs été marquée par 52 jours de vagues de chaleur depuis la mi-juin, répartis en cinq épisodes. Dans le même temps, la sécheresse des sols a renforcé le risque d’incendie, avec 36 jours de vigilance et de restrictions concernant les feux de forêt.
Une météo plus difficile à anticiper
C’est précisément cette succession de situations très différentes qui complique désormais la gestion des risques. Après une longue période sèche, un épisode orageux peut rapidement changer les priorités des services. Le territoire doit donc être en mesure de passer de la prévention des incendies à la gestion des inondations sans délai. Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, le constate : « À Montpellier, les sécheresses estivales alternent désormais avec des épisodes de pluies d’une intensité exceptionnelle. »
Cette vulnérabilité concerne un territoire qui continue parallèlement à accueillir de nouveaux habitants. La Métropole gagne chaque année entre 8 300 et 8 600 habitants. À Montpellier, environ 25 000 personnes arrivent chaque année tandis qu’un nombre similaire de Montpelliérains changent de logement tout en restant dans la commune. Une partie de la population peut ainsi être confrontée à des risques différents après un déménagement.
Les solutions à l’échelle de la Ville
Des conséquences du changement climatique, et auxquelles il faut désormais d’adapter. La question de l’eau y est directement liée. Après plusieurs périodes de sécheresse, la préservation de la ressource devient un enjeu de plus en plus important. La Métropole indique réparer « en moyenne deux fuites par jour sur son réseau », avec une économie estimée à 500 000 m³ d’eau chaque année grâce à l’amélioration du rendement.
D’autres solutions sont également développées ou étudiées, parmi lesquelles le recyclage de l’eau, la réutilisation des eaux issues de certaines installations ou encore la recherche de nouvelles ressources. L’usine Valédeau, située à l’Est de Montpellier, doit notamment pouvoir servir de ressource de secours en cas de difficulté sur les approvisionnements habituels.
La chaleur fait également l’objet de mesures spécifiques. 70 lieux frais sont recensés sur le territoire afin de permettre aux habitants de se protéger lors des épisodes les plus chauds. Une attention particulière est portée aux personnes vulnérables : 994 habitants sont inscrits sur le registre dédié et 2 425 appels de suivi ont été réalisés pendant l’été.
Des secours renforcés
La collectivité travaille en parallèle sur l’organisation des secours. Le PCS municipal a été révisé en 2025 et la Métropole prépare un Plan intercommunal de sauvegarde destiné à améliorer la coordination entre les communes.
La tempête du 21 août a récemment illustré l’importance de cette organisation. À Montpellier, plus de 500 arbres ont nécessité une intervention, tandis que plusieurs parcs et jardins sont restés fermés pour des raisons de sécurité. À Saint-Georges-d’Orques, des équipes ont été mobilisées pour fermer des rues, sécuriser les voies et faciliter la reprise des déplacements.
Ainsi, les infrastructures doivent également évoluer. Une troisième caserne de sapeurs-pompiers doit renforcer le dispositif en 2026. La Métropole annonce consacrer chaque année 20 millions d’euros au SDIS de l’Hérault. À l’horizon 2029, l’Hôtel des sécurités doit, lui, réunir 450 agents du pôle des sécurités dans un même site consacré notamment à la coordination des situations de crise.
Une population davantage préparée
Mais la protection du territoire ne repose pas uniquement sur les collectivités. Les habitants sont également invités à se préparer. Téléalerte permet de recevoir des informations en cas de risque majeur, tandis que la constitution d’un kit d’urgence doit permettre de disposer des ressources essentielles pendant 72 heures. Le débroussaillement reste par ailleurs indispensable dans les secteurs exposés aux incendies.
Une implication des habitants peut aller jusqu’au bénévolat. La réserve citoyenne de Montpellier compte actuellement 60 personnes et totalise 655 journées d’engagement en cinq ans. Ses membres peuvent intervenir dans des actions de prévention ou venir en soutien lors d’événements exceptionnels.
Pour Michaël Delafosse, cette préparation doit désormais concerner l’ensemble du territoire et de ses habitants. « Mais cette adaptation est aussi une responsabilité collective. Connaître les risques, savoir réagir et adopter les bons comportements contribuent à protéger les personnes et les biens », rappelle-t-il.
Avec des épisodes de chaleur plus longs, des sols plus secs et des pluies parfois très intenses, Montpellier doit donc composer avec une palette de risques qui peut évoluer rapidement. La stratégie locale consiste donc désormais à renforcer les secours, améliorer la prévention et donner aux habitants les moyens de réagir avant que la situation ne devienne critique.














