En cette rentrée 2026, 234 enfants sont restés sans solution d’hébergement après un appel au 115 en Occitanie, dont 38 âgés de moins de 3 ans. En hausse de 18% en un an, ce chiffre relance la question du sans-abrisme des enfants et de l’accès au logement dans la région.
La rentrée scolaire ne s’est préparée de la même manière pour toutes les familles. En Occitanie, au moins 234 enfants se trouvaient alors à la rue, sans solution d’hébergement, après que leur famille a sollicité le 115, selon le huitième baromètre “Enfants à la rue” de la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) et de l’UNICEF France. Parmi eux, 38 sont âgés de moins de trois ans.
Ce nombre est en hausse de 18% par rapport à l’année précédente, d’après cette même enquête. Depuis 2022, la progression atteint 93%. Avec ces 234 situations recensées, l’Occitanie figure parmi les régions françaises où les demandes de familles au 115 restées sans réponse sont les plus nombreuses, derrière l’Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et les Hauts-de-France.
Le décompte donne toutefois une vision partielle du phénomène. Il repose uniquement sur les demandes adressées au 115. Les familles qui ne parviennent pas à joindre le service ou qui ont cessé de l’appeler ne sont pas comptabilisées. Même chose pour les mineurs non accompagnés vivant sans abri et les familles installées dans des squats ou des bidonvilles.
Des conséquences qui dépassent la question du logement
Pour les “enfants à la rue”, l’instabilité résidentielle peut rapidement avoir des répercussions sur le quotidien. Les associations évoquent notamment des difficultés de scolarisation, des problèmes de santé physique et mentale, mais aussi l’isolement et l’exposition aux violences.
Le bilan du collectif Les Morts de la rue donne une autre mesure de la gravité de ces situations. En 2025, 14 enfants âgés de moins de quatre ans et 12 adolescents de 15 à 18 ans sont morts dans la rue, en France.
Dans ce contexte, la rentrée scolaire constitue un moment particulièrement sensible pour les familles concernées. L’absence de logement stable peut compliquer l’organisation quotidienne et rendre plus difficile la continuité de la scolarité. Ce sont ainsi « des enfants dont on hypothèque l’avenir. Il est urgent que les décideurs publics agissent. Un sursaut politique est vital pour ces enfants. Si garantir un toit à tous les enfants n’est pas notre priorité, qu’est-ce qui l’est ? » interpelles Adeline Hazan, présidente de l’UNICEF France.















