L’ambiance était particulièrement tendue ce jeudi 3 septembre devant le tribunal correctionnel d’Auch, où était jugé Bertrand Venteau, président national de la Coordination rurale. Reportage.
L’ambiance était particulièrement tendue ce jeudi 3 septembre devant le tribunal correctionnel d’Auch, où était jugé Bertrand Venteau, président national de la Coordination rurale. Plusieurs centaines de partisans du syndicat agricole s’étaient rassemblés sur les marches du palais de justice pour soutenir leur président.
Jets d’oeufs devant le tribunal
À l’extérieur, la Coordination rurale était clairement en position de force. Mais à l’intérieur de la salle d’audience, l’ambiance était très différntes. Bertrand Venteau a eu davantage de mal à défendre sa ligne. Il était jugé pour « provocation publique et directe non suivie d’effet, à commettre un crime ou un délit ». Il avait dit le 19 novembre dernier, lors du congrès national de son syndicat, « les écolos, la décroissance, veulent nous crever, nous devons leur faire la peau » ! Des élus écologistes et des associations de défense de l’environnement avaient porté plainte et se sont constitués parties civiles.
Ce jeudi, à la barre, le président de la CR a reconnu ses propos. Mais il a toutefois tenté d’en limiter la portée : « Ils ont été tenus dans un cadre privé et il s’agissait plus d’un combat d’idées que d’un appel à la violence physique. » Une ligne de défense qui n’a pas convaincu le procureur de la République qui a parlé de « discours de haine ».
Une amende avec sursis requise
Le représentant du ministère public a notamment rappelé à Bertrand Venteau la responsabilité liée à sa fonction et le poids des mots. Il a requis une amende de 30.000 euros avec sursis.
À la sortie du tribunal, la tension est montée d’un cran. Les parties civiles, accueillies sous les sifflets et les jets d’œufs, ont dû être escortées par les forces de l’ordre. Elles ont quitté les lieux sous une véritable pluie d’œufs, tandis que les partisans de la Coordination rurale restaient massivement mobilisés devant le palais de justice.
Le tribunal a mis sa décision en délibéré. Bertrand Venteau connaîtra donc le 15 octobre le jugement rendu dans cette affaire.
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