Une vidéo montrant M. A., l’un des responsables du restaurant Au Bon Graillou, et deux jeunes femmes proférer des insultes, dont certaines homophobes, depuis le balcon de l’établissement, en marge de la manifestation du 17 octobre, suscite des milliers de réactions. Le propriétaire condamne ces propos et annonce que M. A. ne fera plus partie de l’équipe à la réouverture. Il dénonce également des violences et des menaces visant son établissement et ses salariés.
Depuis samedi soir, une vidéo tourne en boucle sur les réseaux sociaux et a déjà été commentée des milliers de fois.
En marge de la manifestation du 17 octobre, on y voit M. A., l’un des responsables du restaurant Au Bon Graillou, au sein du marché Victor-Hugo, ainsi que deux jeunes femmes, une cliente et une salariée, invectiver des manifestants depuis le balcon du restaurant, avec des propos injurieux, homophobes et une référence à Éric Zemmour : « Et qu’il vous dégage tous. » La vidéo ne montre pas les manifestants auxquels s’adressent les personnes présentes sur le balcon.

Des propos injurieux ont été proférés par le responsable du restaurant.
Depuis deux jours, les réactions ne se sont pas fait attendre : quelque 6 000 avis, selon Anthony Mandirac, co-président de l’association des commerçants du marché Victor-Hugo, ont été publiés sur les sites de notation. Ce lundi, la note du restaurant sur Google était de 1,7 sur 5, tandis que l’intitulé avait été renommé « site religieux à Toulouse ».

Deux loges du marché Victor Hugo ont été détruites.
L’association des commerçants du marché Victor-Hugo avait rendez-vous à la préfecture de Toulouse ce lundi matin pour évoquer les dégradations ayant eu lieu dans le marché. Deux loges auraient notamment été abîmées.
« Ce n’est pas digne d’un responsable »
Marc Calzadilla, le propriétaire du restaurant, absent au moment des événements, tient à faire le distinguo : « C’est important de faire la différence entre un salarié qui a tenu ces propos et la direction, ainsi que toute l’équipe qui condamnent fermement ces propos. Je suis également très déçu, parce qu’il n’a pas protégé son équipe ni respecté les gens. Ça aurait pu tourner au drame. Ce n’est pas digne d’un responsable. »

Certains accès ont été forcés et détruits.
Des sanctions ont été prises contre M. A. et la salariée qui apparaît à ses côtés. « Ils ne feront plus partie de l’équipe à la réouverture du restaurant », annonce le patron.
Selon Marc Calzadilla, une agression serait à l’origine des faits. Sept ou huit salariés étaient présents face à plusieurs centaines de manifestants. Il affirme qu’un groupe de cinq ou six personnes a tenté de pénétrer dans le restaurant en frappant la porte à coups de barre de fer, sans y parvenir.
Une plainte sera déposée
« Ce qui m’a été rapporté, c’est qu’il y a eu une agression sur une jeune femme, qui aurait été frappée par cinq personnes. Une de mes serveuses leur a crié d’arrêter. Après cela, ils ont hurlé des insultes et lancé des œufs remplis de peinture. Dès qu’elle les a vus se diriger vers la porte, elle a prévenu M. A. et un autre salarié. Ils sont descendus pour les empêcher de monter, et là, ils ont été frappés aussi : un de mes salariés a fini avec le tee-shirt arraché, M. A. a reçu plusieurs coups de poing. Il a fini par fermer la porte à clé. Ensuite, il est monté sur la terrasse. C’est là qu’il a prononcé les paroles qui circulent sur les réseaux sociaux. »
Une version que n’a pas confirmée Corentin, l’auteur de la vidéo. Son arrivée au marché Victor-Hugo, samedi, a été marquée par des cris. « J’ai demandé des précisions à une passante, qui m’a expliqué qu’une personne, à l’étage, criait des insultes racistes et jetait des bouteilles en verre sur les passants. J’ai vu les bouteilles être jetées. Des personnes ont voulu forcer la porte du marché pour monter au restaurant. Les policiers ont alors lancé des gaz lacrymogènes sur l’attroupement. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à filmer. Au départ, je filmais les gaz lacrymogènes, puis je me suis tourné vers le restaurant en entendant les propos. »
Le patron se dit non seulement en colère contre son salarié, mais aussi « contre les milliers de commentaires reçus depuis, certains très graves, disant qu’il faut venir brûler le restaurant ou s’en prendre à nos familles. »
Une plainte devrait être déposée prochainement. Le restaurant restera fermé jusqu’à une date indéterminée.
Sollicité par téléphone, M. A. n’a pas encore répondu.
L’Association des commerçants du marché Victor-Hugo condamne les propos racistes et condamne les violences
L’Association des commerçants du marché Victor-Hugo condamne fermement « les propos et comportements homophobes, racistes, xénophobes , intimidant ou violent », et apporte son soutien aux personnes qui disent en avoir été victimes. Une procédure est en cours avec les services de la mairie de Toulouse afin d’examiner les faits. Sans préjuger des responsabilités, l’association assure se désolidariser de tels agissements. Elle condamne également les violences et dégradations commises samedi, rappelant que le marché doit rester un lieu ouvert à tous, fondé sur le respect et la convivialité.
Le marché Victor-Hugo sera ouvert dès mardi 20 octobre, aux horaires habituels.
















