À l’approche d’une nouvelle manifestation contre la vie chère, Pierre Bernat, président de la Ligue des droits de l’Homme à Toulouse, revient sur l’augmentation des interpellations et le recours aux comparutions immédiates.
Les manifestations contre la vie chère ont entraîné une hausse des interpellations. Selon les chiffres de la préfecture de Toulouse, depuis la première journée de mobilisation le 17 octobre, il y a eu plus de 150 interpellations lors des deux derniers week-ends de mobilisation. Dans ce contexte, la Ligue des droits de l’homme à Toulouse alerte sur de nombreuses privations de liberté qui débouchent rarement sur des poursuites judiciaires.
« C’est effectivement ce qu’on observe », explique Pierre Bernat, président de la Ligue des droits de l’Homme à Toulouse. « C’est une explosion du nombre d’interpellations qui est d’ailleurs totalement définie par le schéma qui est utilisé contre les manifestants, c’est-à-dire que normalement, on est sur un schéma du maintien de l’ordre, là le ministre de l’Intérieur a clairement dit que c’était le schéma des violences urbaines qui était installé, et c’est un schéma qui permet justement d’interpeller plus et donc de montrer que ces nombres-là sont beaucoup plus importants que sur une manifestation classique. »
« Moi ça m’interroge parce que ça veut dire qu’on arrête beaucoup de personnes qui finalement sont peu déférées, poursuit Pierre Bernat. « Donc ça veut dire qu’il y a des privations de liberté qui sont suivies ensuite par rien du tout et donc on vous a juste sorti d’une manifestation, vous étiez là pour manifester, on pense que vous avez fait quelque chose et en fait non, mais du coup vous n’avez pas pu manifester. »
« Trois mois de prison pour un vol de doudoune, c’est très cher payé »
Pour le président de la Ligue des droits de l’Homme à Toulouse, « le recours accru aux comparutions immédiates prive les prévenus du temps nécessaire pour préparer leur défense ou présenter des éléments de personnalité. « Face aux pressions politiques réclamant des peines de prison fermes, la justice prononce parfois des sanctions sévères pour des infractions mineures, illustrant une judiciarisation jugée sévère et expéditive », poursuit Pierre Bernat.
« On peut quand même se demander quelle est la place de la prison dans ce système-là, par exemple pour un vol de doudoune opportuniste, évidemment que ce n’est pas ça qu’il faut faire, on peut tous s’entendre là-dessus, n’empêche que trois mois de prison pour un vol de doudoune, c’est quand même très très cher payé », conclut le président de la Ligue des droits de l’Homme à Toulouse.
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