Un homme de 23 ans a été condamné, lundi 26 octobre, pour avoir organisé la prostitution d’une adolescente en fugue, en mai 2025 à Toulouse. Selon son récit, près de cinquante clients se sont succédé en trois jours. À l’audience, le prévenu a reconnu son rôle tout en contestant l’avoir contrainte.
« Je ne voyais pas le mal, je voulais de l’argent. » Dans le box du tribunal correctionnel de Toulouse, les bras croisés, une épaisse chevelure noire, une silhouette athlétique et un bouc : le suspect ressemble étrangement à l’ancien footballeur du PSG, Edinson Cavani. Ce qu’on lui reproche se déroule pourtant très loin des terrains de foot : « Elle était en fugue et souhaitait bosser, on s’est mis d’accord. » Ce lundi 26 octobre, il comparaît pour avoir organisé la prostitution d’une adolescente de 15 ans.
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Des rendez-vous en série
En mai 2025, la fugueuse se retrouve dans un appartement loué 31 rue Stalingrad à Toulouse. Un lieu situé au-dessus d’un cabaret qui n’a absolument aucun lien avec cette affaire. « Un de mes complices a réservé une chambre, je me suis occupé de l’inscription sur sexmodels.com et de la prise de rendez-vous », reconnaît le prévenu. Il assure rester dans la salle de bains « pour la protéger », tandis que deux mineurs surveillent l’extérieur.
Les réservations s’enchaînent. Les clients paient de 80 à 200 euros. Selon l’adolescente, près de cinquante hommes se succèdent en trois jours, sans qu’elle puisse se reposer. Une partie des rapports ne sont pas protégés, rappelle le tribunal.
L’oncle donne l’alerte
Le 19 mai 2025, une altercation à L’Union révèle l’affaire. Face aux gendarmes, un homme accuse le groupe auquel il vient de se confronter de prostituer sa nièce. La brigade de recherches de Toulouse Saint-Michel est saisie. Sept clients, âgés de 25 à 47 ans, seront identifiés. Tous affirment avoir ignoré son âge.
Le prévenu, lui, savait. « Vous saviez qu’elle était si jeune mais ça ne vous a pas freiné », relève la présidente. À 23 ans, déjà condamné pour violences, vol et trafic de stupéfiants, l’apprenti proxénète invoque sa vie dans la rue : « J’ai voulu me faire de l’argent facile. »
Des gains contestés
Il assure n’avoir gagné que 500 euros, partagés en trois, et en avoir versé autant à l’adolescente. Ses complices mineurs, déjà jugés, évoquent une somme quatre fois supérieure qu’il aurait conservée.
Pour le procureur, le téléphone exploité par les gendarmes contient des preuves incontestables. « Nous sommes face à un jeune homme qui cherche à minimiser son rôle. » Il requiert quatre ans de prison avec mandat de dépôt.
La défense conteste l’enquête
« Vous évoquez la jeunesse de la victime mais mon client est un enfant lui aussi », plaide Me Emmanuelle Franck. L’avocate questionne le choix de la comparution immédiate et les investigations : « Des personnes apparaissent dans des conversations mais elles n’ont jamais été identifiées. » Elle souligne aussi qu’il a fallu plus d’un an pour arrêter des suspects pourtant identifiés.
Après délibération, le tribunal condamne son client à trois ans d’emprisonnement dont un assorti d’un sursis. Il reste détenu.














