« Ils sont venus pour tout détruire » : le cri de détresse d’une prof après l’attaque d’un lycée de Haute-Garonne. Ce jeudi 5 novembre au petit matin, le lycée Françoise de Tournefeuille, à l’ouest de Toulouse, a de nouveau été le théâtre de violentes dégradations et de départs de feu provoqués par des tirs de mortiers d’artifice. Sous le choc face à ces scènes de guérilla, l’équipe éducative exprime son effroi, son cœur lourd et son incompréhension alors que l’établissement a dû fermer ses portes. On vous livre le témoignage poignant d’une enseignante.
Tôt ce matin, le lycée Françoise de Tournefeuille, en Haute-Garonne, a de nouveau été la cible des casseurs. Les personnels éducatifs ont assisté à des scènes d’une grande violence. Des jeunes, cagoulés et déterminés, ont tiré au mortier d’artifice, mettant le feu à l’intérieur de l’établissement, au niveau de la vie scolaire.
« Je m’attendais à voir le lycée bloqué, pour des raisons évidentes », confie cette professeure du lycée. « Mais ce matin, ce sont l’effroi, l’incompréhension et l’écœurement qui dominent. »
« J’ai envie de pleurer, mais les larmes ne viennent pas », déplore-t-elle. « Elles finiront par couler, elles doivent couler. »
Chaos de flammes et vitres brisées
Celle qui soutient les revendications lycéennes, qui « n’ont pas été suffisamment entendues par le gouvernement », est sous le choc, comme ses collègues. « Ce qui s’est joué ce matin n’avait rien d’un blocus, ni même d’une mobilisation lycéenne », déplore l’enseignante. « Ce n’étaient pas des élèves venus faire entendre leurs revendications, mais des individus venus pour terroriser, saccager et incendier. Et ils y sont parvenus… »

Rapidement, les pompiers sont intervenus afin d’éteindre les nombreux incendies. Dans ce chaos de flammes et vitres brisées, la proviseure de l’établissement a choisi de renvoyer ses élèves chez eux et de fermer l’établissement pour le reste de la journée.
Scènes de « guérilla »
Idem pour l’équipe enseignante, qui accuse le coup. « Voir, ou simplement savoir, que son établissement est pris pour cible, dégradé et partiellement incendié constitue un véritable traumatisme », poursuit sans détour la même enseignante. « Un établissement scolaire n’est pas un bâtiment comme un autre. C’est un lieu de travail, certes, mais surtout un lieu de vie, de transmission et de construction humaine. Pour ceux qui y enseignent chaque jour, avec conviction et la foi chevillée au corps, il devient presque un sanctuaire. Un lieu que l’on voudrait préserver, protéger, tenir à l’abri de la violence du monde. » Bien éloigné des scènes de « guérilla » de ce matin donc.
Le personnel, encore sous le choc, se questionne : « D’où vient cette haine ? Comment peut-on vouloir détruire un lieu consacré à l’éducation ? À ce qui devrait être considéré comme sacré ? Intouchable ? » Et surtout : que dire aux lycéens ? « Comment reconstruire une relation de confiance ? Enseigner sereinement à des élèves dont certains ont, à plusieurs reprises, tenté d’incendier leur propre lycée ? »
Ce matin, un sentiment de « grande tristesse » domine pour toute l’équipe du lycée Françoise. Auquel s’ajoute la colère de voir quelques élèves rire de ce « spectacle », aux abords de l’établissement. L’inquiétude aussi, pour une proviseure déjà blessée lors d’une précédente journée de mobilisation. « Ce n’est pas de la lutte, juste une envie de péter. Pas de revendiquer », concluent-ils.
À 10 h 20, la préfecture de la Haute-Garonne précise que « le feu est désormais circonscrit » et qu’aucun blessé n’est à déplorer. Les forces de l’ordre sont présentes en nombre sur place pour sécuriser le périmètre et disperser les derniers attroupements.




















