Après plusieurs heures de mobilisation, la manifestation non déclarée de ce jeudi 5 novembre à Toulouse a pris une tournure particulièrement violente. D’abord cantonnés à la tête de cortège, les affrontements se sont progressivement étendus au reste du rassemblement à Saint-Cyprien. Gaz lacrymogènes, tirs de mortiers, commerces dégradés et tentative de rejoindre la rocade… Retour sur cet après-midi où la rive gauche a été le théâtre de scènes de fortes tensions jusqu’en début de soirée.
Deux heures trente après le début de la manifestation non déclarée, qui occupait le rond-point de Saint-Cyprien et les allées Charles-de-Fitte à Toulouse ce jeudi 5 novembre, la mobilisation a pris un autre tournant. Si des tensions étaient déjà survenues en tête de cortège, avec de violents affrontements, le reste du rassemblement était jusque-là calme, festif et pacifique. Mais après les sommations des forces de l’ordre, la situation a basculé. Des affrontements ont éclaté en plein cœur du rond-point de Saint-Cyprien.

Du calme aux affrontements
Tout est allé très vite sur la rive gauche… Un cortège qui fait demi-tour depuis les allées Charles-de-Fitte, des forces de l’ordre armées de lance-grenades… puis les gaz lacrymogènes et les mortiers d’artifice. Des casseurs vêtus de noir et masqués ont fait face aux CRS, aux véhicules Centaures et aux canons à eau pendant plusieurs minutes sur le rond-point de Saint-Cyprien.
Petit à petit, les manifestants partaient en direction de l’avenue Étienne-Billières, avant que tout ne s’accélère. Après plusieurs sommations, les forces de l’ordre ont avancé rapidement. Les casseurs qui leur faisaient face ont couru, jusqu’à rattraper le cortège pacifique qui remontait l’avenue. Les canons à eau sont à nouveau entrés en action.

L’avenue Étienne-Billières prise au piège
Tirs de lacrymogènes et fumigènes ont rapidement saturé cet axe. Les casseurs s’en sont également pris à plusieurs commerces : les vitres de Foncia et d’Adecco ont été brisées à coups de masse, à quelques mètres du cortège qui remontait vers Patte-d’Oie. Dans cette avenue, les milliers de manifestants se sont retrouvés pris en étau entre la tête de cortège, les camions lanceurs d’eau et les Centaures, jusqu’au rond-point de Patte-d’Oie.
En ligne de mire : la rocade
Le cortège s’est alors dispersé. Beaucoup de manifestants ont remonté l’allée Maurice-Sarraut, direction les Arènes puis Déodat-de-Séverac. Un autre épisode de violences urbaines s’est joué dans le secteur. Des individus déterminés s’armaient du ballast ramassé sur la voie ferrée, d’autres déplaçaient un bloc de béton au milieu de la route. Les barricades du Carrefour City de l’allée Maurice-Sarraut étaient également arrachées.

Le cortège s’est finalement dispersé vers Déodat-de-Séverac et la route de Saint-Simon, sous un brouillard de gaz lacrymogènes. « Ils sont fous ces flics ! Mon jardin plein de lacrymo. J’ai ouvert le portail pour faire rentrer des gens qui se faisaient canarder, même une vieille dame qui pleurait alors qu’elle allait au supermarché. Ils ont tiré sur les autos et ont brisé des pare-brise. Une nana hurlait dans sa voiture bloquée, pare-brise cassé », témoigne une habitante de la rue Corneille, près de la clinique Ambroise-Paré.
Plusieurs manifestants ont ensuite tenté de bloquer le périphérique au niveau de la Cépière, avant d’en être empêchés par les forces de l’ordre.




















