Depuis 1975, sa galerie est devenue une institution du marché de l’art dans le sud de la France. À 75 ans, Jean-Paul Sourillan revient sur un demi-siècle consacré aux tableaux, aux salons internationaux et à la découverte de grands peintres, avec une même conviction : dans ce métier, il ne faut jamais se tromper lorsqu’on achète une œuvre.
Il est des hommes qui laissent une trace dans le monde, plus grande qu’eux-mêmes… Bien sûr on pense aux peintres, aux sculpteurs, mais moins souvent à ceux qui les mettent sur le marché de l’art, et pourtant sans qui on les connaîtrait peu.
Jean-Paul Sourillan est un de ces hommes qui fête en 2026 les 51 ans de sa galerie, acquise à ses 24 ans. Ou plus exactement créée en 1975, au 19 rue Théodore Ozenne, là où il est toujours. Ce galeriste créera aussi une fabrique d’encadrement employant près de quarante personnes sur le plan national. Jusqu’à il y a quelques années, Sourillan était le nom de 14 points de vente en France.
Des études d’art
Bien sûr des études d’art – Arts plastiques, Histoire de l’art et Arts appliqués – complétées par des études de Droit soutiennent sa volonté. Dans l’entreprise familiale, il crée en 1974 du mobilier design et se charge de l’étude, la fabrication et la commercialisation de ses objets. Et puis « c’est l’opportunité, l’époque est favorable », il acquiert ce local rue Ozenne, à Toulouse. Il faut dire que les petits-enfants sont la 7e génération de Toulousains. Ainsi est née la galerie d’Art spécialisée dans le négoce de tableaux de fin XIXe-XXe siècle, devenue la plus ancienne galerie d’art du Sud de la Loire !
« Nous sommes marchands de tableaux, nous n’exposons aucun artiste. On achète et on vend des tableaux » complète Jean-Paul Sourillan, « 90 % d’entre eux sont morts ». « Au début je les vendais rapidement et petit à petit je me suis spécialisé pour une clientèle ». Au point qu’aujourd’hui, la galerie tourne sur une vingtaine de signatures, toutes répertoriées : Bernard Buffet, Gen Paul, Jean Miotte, André Marfaing, Gérard Schneider, Claude Venard, Jonone et aussi des peintres régionaux de la même période sans oublier l’artiste toulousain incontournable, Jean-Luc Beaufils. « Il y a aussi les Salons, nationaux et internationaux, New York, Los Angeles, St-Tropez, Toulouse, Paris… On partait pour 8 jours avec toutes les œuvres emballées et des personnes pour m’accompagner car on installait tout comme une galerie » se souvient-il. « Je pouvais travailler de 4 h du matin à 23 h, c’était un autre temps » dit-il du haut de ses 75 ans si peu lisibles.
Création d’une fondation
Parallèlement, Jean-Paul Sourillan s’investit dans une fondation qu’il crée, la Fondation René Pous (mécène de tous les grands peintres du début du siècle ayant séjourné à Collioure) en collaboration avec Fernand Roux, proche de Henri Matisse. Il fonde la revue « Itinéraire des Arts », revue spécialisée de luxe ; puis la revend. Il est Président des Galeries d’Art Moderne et Contemporain (SNCAO), membre du Conseil d’administration de la Sécurité Sociale des artistes et président national de la FNEPSA (Fédération nationale d’experts professionnels spécialisés en art). « J’ai eu un métier-passion, j’ai passé ma vie à faire ce qui me plaisait, c’est un luxe et une chance » conclut-il à l’heure où il est question de l’avenir de sa galerie d’art. Qui n’intéresse pas ses enfants déjà impliqués dans de belles œuvres aussi. « Quand on n’achète un tableau, il ne faut pas se tromper », ça ne s’improvise pas.













