À quel moment la justice ordonnera-t-elle des fouilles pour tenter de retrouver le corps de Delphine Jubillar ? La première présidente de la cour d’appel de Toulouse était toujours dans l’attente, ce mardi 7 juillet, d’un courrier émanant des avocats de Cédric Jubillar après les aveux de ce dernier dans l’affaire de la disparition et de la mort de son épouse en 2020, dans le Tarn.
À Toulouse, la date du 21 septembre est ancrée dans toutes les mémoires. Elle correspond à l’explosion de l’usine AZF qui, en 2001, a fait 31 morts et des milliers de blessés. À deux mois de la vingt-cinquième année de ce drame, la justice toulousaine va-t-elle faire voler en éclats le procès Jubillar dont les premières audiences sont également prévues le 21 septembre ?
Deux jours après les aveux fracassants de Cédric Jubillar, révélés par La Dépêche du Midi, et dans lesquels l’artisan plaquiste de 38 ans reconnaît sa totale culpabilité dans la mort de son épouse, Delphine Jubillar, son procès prévu sur quatre semaines pourra-t-il se tenir dans les conditions initiales ? Selon la procédure, et quels que soient les rebondissements à venir, comme la découverte d’un corps, le procès peut très bien s’ouvrir le 21 septembre 2026. Seule la présidente de la cour d’assises d’appel peut, si elle le décide, renvoyer à ce moment-là les audiences à une date ultérieure en fonction des nouveaux éléments d’enquête.
Dans l’attente d’un courrier
Après plus de cinq ans de déni et de mensonges, Cédric Jubillar est désormais engagé dans une démarche de reconnaissance de sa culpabilité. « Il se tient à l’entière disposition de la justice », rappellent ses deux avocats Mes Guy et Pierre Debuisson, qui ont publiquement annoncé, ce lundi 6 juillet, les aveux consignés par écrit (deux lettres) de leur client. Des aveux formulés près de six ans après la disparition de son épouse, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à Cagnac-les-Mines (Tarn). Une rédemption qui survient aussi huit mois après sa condamnation en première instance, à Albi, à 30 ans de réclusion pour le meurtre de sa femme.
Pour la justice, ce coup de théâtre n’est pas sans effet. Car désormais, à en croire Cédric Jubillar, il y a un corps à retrouver sur les indications fournies par ce mari visiblement entré dans une phase d’entière transparence. La justice est d’ailleurs dans l’attente d’un courrier officiel de ses avocats pour déclencher d’éventuels actes ces prochains jours : des auditions de Cédric Jubillar, des fouilles à un endroit précis, une autopsie et des expertises sur une éventuelle dépouille découverte, des analyses supplémentaires…
Selon nos informations, le secrétariat de la Première présidente de la cour d’appel de Toulouse n’avait rien enregistré de nouveau. Un communiqué pourrait intervenir aujourd’hui pour faire un point plus précis.
L’annonce de ces aveux écrits, une première depuis le début de cette affaire, a été diversement accueillie par des parties civiles, très prudentes, et qui demandent à voir. « Le père s’inscrit dans une forme de reconnaissance, c’est bénéfique pour les deux enfants car ils sont perdus », commente Me Laurent Boguet, l’un des deux représentants des enfants de Delphine et Cédric Jubillar.
Plus tranchante, une autre partie civile évoque une énième « manipulation » du mari, le qualifiant de « pervers » sur l’antenne de franceinfo. « Son seul objectif est de parler de lui », balayant toute notion de « soulagement » que pourraient constituer ces aveux, assène Mourad Battikh, conseil de l’oncle, de la tante et des cousins et cousines de Delphine Jubillar. Mutique depuis plus de cinq ans, on lui reproche aujourd’hui de vouloir parler et de dire toute la vérité. Des attaques « qui sont le propre d’une minorité d’insatisfaits, c’est le propre des âmes chagrines », répond Guy Debuisson. Le duo père et fils défend l’idée selon laquelle les aveux de son client « servent avant tout la justice et les parties civiles ».



















