Ce lundi, comme de nombreux maires, Jean-Luc Moudenc a pris la parole à Toulouse suite aux violences du 17 octobre. Une prise de parole avec un peu de tensions, et beaucoup de discussions.
Environ 300 personnes se sont rassemblées sur la place du Capitole ce lundi 19 octobre. Un rassemblement suite à l’appel de l’AMF, l’Association des Maires de France, lors duquel le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc a pris la parole. Une prise de parole brièvement perturbée par un vingtaine d’étudiants, vite éparpillés par autant de CRS, sous les sifflets et parfois insultes à l’encontre des jeunes. Mais cet épisode a débouché sur des scènes inattendues. Des participants au rassemblement ont décidé d’aller voir ces étudiants pour entamer un dialogue. Une discussion entre générations, pour essayer de se comprendre.
« Je voulais parler à ces jeunes »
Marie est au lycée Saint-Sernin, en prépa. Elle a discuté avec une dame qui aurait clairement pu être sa grand-mère. « Elle était très polie, elle est venue nous voir pour nous dire qu’elle ne comprenait pas qu’on vienne interrompre le discours du maire ou la Marseillaise. Je lui ai répondu qu’on ne voulait pas de la violence, mais qu’on cherche tous les moyens pour se faire entendre et se détacher des images de ce week-end » raconte l’étudiante. « La dame a compris notre but, je crois, mais nous a redit qu’elle pensait que ce n’était pas l’endroit. Elle m’a invité à venir chanter la Marseillaise avec eux, je lui ai répondu que je la chantais déjà en manifestation.«
La même se répète quelques instants plus tard, entre Sophie, commerçante retraitée de 65 ans, et Mahira, 23 ans, qui travaille dans la petite enfance. Un dialogue dans le calme, même quand Sophie demande à Mahira si elle cautionne les violences. Réponse : « Non je ne les cautionne. je les comprends, mais je ne les cautionne pas, parce qu’elles invisibilisent notre discours et nos idées. » Vingt minutes plus tard, les deux femmes se séparent, pas forcément d’accord, sauf sur ce qu’elles ont pensé du discours d’Emmanuel Macron ce lundi soir : « nul, et j’ai voté pour lui, c’est juste un copié collé de ceux pendant les gilets jaunes » pour Sophie, « du vent » pour Mahira. Cette dernière continue la conversation avec une autre dame, venu écouter. Sophie, elle, rentre satisfaite de l’échange, et un peu rassurée.
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