À Toulouse, le personnel paramédical des urgences du CHU de Rangueil, est en grève illimitée depuis le lundi 26 octobre. Soutenu par la CGT de l’hôpital, il dénonce des conditions de travail dégradées, un épuisement, un sous-effectif. La direction estime avoir répondu aux attentes des grévistes.
À Toulouse, le personnel paramédical des urgences du CHU de Rangueil est en grève illimitée depuis lundi. Il dénonce des conditions de travail dégradées et un sous-effectif. La CGT évoque « un personnel épuisé« . La direction estime avoir répondu aux attentes des grévistes.
« Ne plus choisir entre soigner et maltraiter » dit le personnel dans une lettre ouverte
Soutenu par le syndicat CGT, le personnel paramédical des urgences de Rangueil demande :
- des embauches (au moins deux infirmiers et deux aides-soignants supplémentaires),
- davantage de sécurité face aux agressions verbales et physiques qu’ils expliquent subir,
- le respect des temps de pause,
- le remplacement des brancards et autres fauteuils abimés.
Lundi soir, dix personnes du service de nuit ne sont pas venues travailler occasionnant la fermeture de 13 lits, selon une gréviste. D’autres actions sont prévues pour les prochains jours. Une lettre ouverte intitulée « Aux urgences, nous ne voulons plus choisir entre soigner et maltraiter » a été envoyée à la direction.
Le personnel paramédical en grève témoigne uniquement sous couvert d’anonymat
À l’entrée des urgences du CHU de Rangueil, c’est à peine si on remarque le tract de grève scotché sur une colonne. Un membre de la CGT doit nous le montrer du doigt.
Lundi soir, dix aides-soignants et infirmiers se sont mis en grève, témoigne un membre du personnel : « On est sensé être 20 ou 22 à travailler de nuit et on est dix à avoir déposé le préavis de grève et à ne pas être venus travailler. » La lettre ouverte des aides-soignants et infirmiers de Rangueil, en souffrance, est longue de quatre pages, elle n’est pas signée. Dans ce conflit qui oppose personnel paramédical et direction du CHU, aucun gréviste n’ose prendre la parole à visage découvert.
L’infirmière qui témoigne sur Ici Occitanie le fait donc sous le pseudonyme de Karine, un prénom qu’aucun membre de l’équipe des urgences ne porte, et elle demande de surcroît que sa voix soit modifiée : « Mentalement, ça a été très très dur. Lundi soir toutes les grévistes étaient chez elles, très anxieuses, quasiment en pleurs. Si on fait ça, c’est par nécessité et pas par envie. »
Karine parle du stress constant de ne jamais savoir s’il faudra pallier aux absences des autres membres de l’équipe : « Psychologiquement et physiquement, c’est compliqué de ne pas savoir quand on va travailler et d’être dans le stress constant, de ne pas savoir si on va être suffisamment nombreux en effectif. »
Elle parle aussi des pauses qui n’en sont pas : « On est censé avoir, d’après le texte de loi, environ 50 minutes de pause sur la journée. On peine à avoir notre demi-heure à midi pour manger« .
L’infirmière évoque aussi la vétusté du matériel : « On a une prise à oxygène pour deux patients qui ne sont même pas mises à la bonne place. Donc du coup, on a des difficultés pour mettre les patients sous oxygène. Sachant qu’on va arriver sur une période hivernale avec une recrudescence de pneumopathie, d’infections pulmonaires, de Covid, de grippe. »
Karine parle enfin de « patients maltraités » : « On laisse des patients âgés dans le couloir, avec des protections parfois qui sont souillées, mais en fait, c’est parce qu’on n’a pas le temps d’aller vérifier pour aller les changer. » En moyenne, une centaine de patients passe quotidiennement aux urgences du CHU de Rangueil.
La direction du CHU répond dans un communiqué de presse, « embaucher trois infirmiers à partir de lundi 2 novembre, en renfort jusqu’en mars prochain et assure poursuivre des travaux de sécurisation des locaux ainsi que le renouvellement de matériel ».
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555


















