REPORTAGE. « Moteur… Action ». La Dépêche du Midi a assisté à la dernière journée de tournage toulousaine de « Nature Humaine », le prochain long-métrage de Denis Imbert. Entre répétitions, retouches de dernière minute et scènes rejouées jusqu’à la perfection, immersion dans les coulisses d’un film porté par Victor Belmondo.
« On va commencer, préparez-vous ». Ce mardi 28 juillet, un peu après 9 h, l’effervescence règne à La Bouillonnante, dans le quartier Soupetard, au nord de Toulouse. Cet ancien bâtiment d’Orange, reconverti pour la journée en décor de cinéma, accueille la dernière journée de tournage de « Nature Humaine », le prochain film de Denis Imbert. Techniciens, maquilleuses, assistants et cadreurs s’affairent dans les couloirs. Au milieu de cette agitation, l’acteur Victor Belmondo sort d’une pièce en effectuant quelques pas de danse sur « Y que fue » de Don Miguelo. Quelques instants plus tard, le silence tombe : le tournage peut commencer.
Dans les coulisses du tournage
Dans ce long-métrage, Victor Belmondo incarne Alexandre, un agriculteur confronté aux profondes mutations du monde agricole entre 1976 et 1999. Il y croise le chemin de Constanze, une militante est-allemande engagée dont il tombe amoureux, interprétée par Emilia Schüle. Il s’agit d’une adaptation du roman du même nom écrit par Serge Joncour.
« Silence, s’il vous plaît. Moteur… et action ». Les deux comédiens franchissent les portes du hall de La Bouillonnante, transformé pour les besoins du film en accueil d’hôpital. À peine quelques mètres parcourus, la prise s’interrompt. « Coupez ». Ce n’était qu’une répétition.
La même séquence est ensuite jouée à plusieurs reprises. Rien n’est laissé au hasard. Un membre de l’équipe reste en liaison avec des assistants postés dehors pour s’assurer qu’aucun piéton, aucune voiture ne traverse le champ de la caméra. Les regards se tournent aussi régulièrement vers le ciel : le moindre avion pourrait parasiter la prise. Après plusieurs essais, Denis Imbert affiche sa satisfaction. « Magnifique, elle est très bien celle-ci. »
Chaque détail compte
En quelques minutes, le plateau se transforme. Caméras, éclairages et matériel sont déplacés pour tourner le contrechamp. Pendant que les techniciens s’activent, Victor Belmondo se met,cette fois, à chanter. « On peut faire une version comédie musicale, si tu veux », plaisante Denis Imbert. L’acteur profite d’une rapide retouche maquillage pour échanger avec le réalisateur sur la séquence suivante.
« 98 sur 3, première, caméra A. » Le clap retentit de nouveau. « Action ! » La scène ne dure que quelques dizaines de secondes, mais elle est répétée jusqu’à obtenir le résultat attendu. « C’est parfait, merci les amis », lance finalement Denis Imbert.
« Toulouse est une ville importante dans le récit »
« On déménage ! » En quelques instants, toute l’équipe quitte le rez-de-chaussée pour investir le troisième étage. Les ascenseurs tournent sans interruption pour acheminer caméras et autres matériels de tournage.
L’occasion pour Denis Imbert de revenir sur la place qu’occupe Toulouse dans son film. « Je suis très heureux d’avoir eu la possibilité de tourner à Toulouse. C’est une ville importante dans le récit. Le monde rural en est bien sûr au cœur, mais l’urbain y a aussi sa place. À chaque fois qu’Alexandre vient à Toulouse, ce sont deux mondes qui s’affrontent. Il ne se sent pas à sa place mais ça l’attire beaucoup. Il sait que sa vie est à la campagne, mais c’est en venant en ville qu’il rencontre Constanze, dont il tombe amoureux. »
Quelques minutes plus tard, un nouveau « Moteur ! » retentit dans les étages de La Bouillonnante. Pour l’équipe de « Nature Humaine« , les dernières images toulousaines sont en train d’être mises en boîte, avant de prendre la route vers le Piémont pyrénéen.













