Une vidéo datant de novembre 2025 révèle les propos racistes et misogynes tenus par un brigadier-chef de la police municipale de Carcassonne. Après sa diffusion mardi soir, le RN a engagé une procédure d’exclusion. Une enquête du parquet est en cours.
Une vidéo tournée à Carcassonne en novembre 2025 révèle les propos racistes, misogynes, transphobes et complotistes tenus par un brigadier-chef de la police municipale lors d’une patrouille. Les images ont été enregistrées par la caméra-piéton de l’agent, restée allumée alors qu’il pensait l’avoir éteinte.
Le brigadier-chef, âgé de 50 ans et ancien militaire, tient notamment des propos visant des personnes d’origine étrangère. « J’en peux plus, en centre-ville, du bicot, du nègre, du nègre, du bicot, de l’Afghan », lance-t-il notamment. Il affirme aussi : « C’est un bougnoule qui pue le kebab. »
À un autre moment de cette vidéo publiée mardi 8 septembre au soir par Midi Libre, il évoque un accident de la route au cours duquel une femme pense avoir percuté un animal. « C’est peut-être un migrant. […] Un petit Kirikou de la savane, il est venu en France et il est percuté par un véhicule », plaisante-t-il.
Des extraits montrent également des propos sur la guerre d’Algérie, les « gauchiasses », le patriarcat ou encore la politique. Aucun collègue ne s’oppose aux propos du brigadier-chef. Certains s’en amusent et en rajoutent.
Le RN annonce une procédure d’exclusion
Les réactions politiques ont rapidement suivi la diffusion des images. Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, s’est dite « écœurée par ces propos racistes, misogynes et ces appels à la violence de policiers municipaux de Carcassonne ». « Quelle honte. Des sanctions doivent être prises. Porter l’uniforme, c’est servir la République. Pas la salir », a-t-elle ajouté.
Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a également dénoncé les propos, en rappelant que le brigadier-chef est bénévole au sein du service d’ordre du Rassemblement national. Le RN a annoncé sa suspension de ce service et précisé à franceinfo qu’« une procédure d’exclusion a été engagée contre lui ». Le parti indique que le policier y intervenait occasionnellement et qu’il n’assurait pas la protection rapprochée de Jordan Bardella ou de Marine Le Pen.
Le parquet de Carcassonne a confirmé mercredi à l’AFP avoir ouvert une enquête, sans préciser sa date. D’après Midi Libre, elle fait suite à une plainte déposée par le policier municipal pour atteinte à la vie privée, après que ces images ont commencé à circuler en interne.
La mairie condamne les propos
La municipalité RN de Carcassonne condamne « sans aucune réserve » les propos tenus par l’agent. Elle précise que les faits remontent à 2025, sous l’ancienne municipalité, et souligne que la caméra dont sont issues les images « a été dérobée ».
La Ville indique avoir demandé que « toute la lumière soit faite » et que les responsabilités soient établies. Elle précise également que l’agent visible sur les images « n’est pas le chef de la police municipale de Carcassonne », contrairement à certaines informations publiées dans la presse. La municipalité ajoute enfin que « les comportements fautifs seront sanctionnés avec toute la fermeté nécessaire ».














