Invité d’ICI matin, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc revient sur les violences survenues en marge de la manifestation de samedi 18 octobre. Il évoque les dégâts matériels recensés et appelle à faire évoluer les stratégies de maintien de l’ordre face aux casseurs.
La manifestation de samedi 17 octobre à Toulouse a dégénéré en fin de journée, entraînant des dégradations matérielles ciblées principalement sur des commerces du centre-ville plutôt que sur le domaine public. « Il y a eu bien sûr des poubelles brûlées, des abribus dégradés, des mobiliers urbains abîmés, mais en fait c’est plutôt des magasins. 25 magasins, d’après ce qui m’a été rapporté, ont été touchés et certains ont été pillés, c’est ça l’essentiel du problème », souligne le maire, Jean-Luc Moudenc, qui pointe la nécessité d’ajuster les stratégies de maintien de l’ordre face à des groupes de casseurs très mobiles et éclatés.
« L’enjeu, me semble-t-il, de l’ordre public pour les prochains épisodes de manifestation, si jamais il y en a qui sont organisés, ça sera d’organiser la mobilité des troupes, des troupes plus éclatées pour s’adapter à cette délinquance qui s’est dispersée et qui a attaqué ici et là. »
Implication des syndicats et responsabilités politiques
Les débordements survenus lors du cortège soulèvent des questions sur la gestion de la sécurité et l’attitude des organisations syndicales face aux éléments radicaux. « Il est certain que c’est madame Le Pen qui est la grande bénéficiaire de la journée de samedi. Du reste, ça doit interroger l’extrême-gauche. L’extrême-gauche a joué un rôle dans ce qui s’est passé, dans les débordements, dans l’excitation des colères, et le paradoxe, c’est ça, c’est que l’extrême-gauche et l’ultra-gauche travaillent pour Madame Le Pen. »
Le maire pointe également la responsabilité de la CGT qui, selon lui, ont toléré la présence de casseurs dès le début de la manifestation, profitant indirectement aux intérêts politiques de l’extrême droite et notamment du Rassemblement National. « La CGT a laissé faire le fait que, devant sa banderole, en avant de l’ensemble du cortège, il y avait un groupe conséquent de personnes dont il était évident à leur aspect qu’ils étaient venus là, non pas pour manifester, non pas pour soutenir des revendications sociales somme toute légitimes, mais véritablement pour casser et faire en sorte que tout ça dégénère. »
Le maire de Toulouse va participer au rassemblement devant le Capitole ce lundi 19 octobre à 12h.
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