Alors que la mobilisation lycéenne s’est calmée à Toulouse avec l’arrivée des vacances scolaires, les étudiants de l’ISAE-SupAéro ont, eux, décidé de se joindre au mouvement. Ce lundi matin, un barrage filtrant a été installé devant l’établissement pour dénoncer les inégalités dans l’enseignement et afficher leur solidarité avec les lycéens.
Depuis ce lundi 19 octobre au matin, l’entrée de l’ISAE-SupAéro, sur l’avenue Édouard-Belin à Toulouse, est occupée par des étudiants mobilisés. À travers ce barrage filtrant, les élèves ingénieurs entendent soutenir les revendications des lycéens, notamment sur le manque de moyens dans les établissements scolaires. Le blocus a été voté en assemblée générale devant 150 personnes, après des discussions avec l’administration et Marie-Hélène Baroux, la directrice de l’établissement, qui ont permis de trouver un compromis sur les conditions de la mobilisation.
« Les écoles d’ingénieurs ne sont pas ouvertes à tous »
« Conscients d’être des étudiants privilégiés, nous voulons partager ! » lance Albanne, 21 ans, en deuxième année à SupAéro. « On est conscients que les budgets ne sont pas équilibrés de la même façon dans chaque lycée. Nous dénonçons le discours méritocratique très ancré dans nos rangs. Les conditions de travail entre la fac voisine et notre école ne sont pas les mêmes ! » ajoute-t-elle.
Samedi dernier déjà, une majorité d’élèves de l’Institut avait rejoint la manifestation organisée en ville autour de la convergence des luttes. Parmi les revendications portées figuraient les classes surchargées, le manque d’enseignants et les difficultés d’accès à certaines formations. « Parcoursup ne permet pas un accès aisé à SupAéro », souligne Benoît, 21 ans, une pancarte à la main. Pour Sophia, 21 ans, en première année, le constat est clair : « Les écoles d’ingénieurs ne sont pas ouvertes à tous ».
Une mobilisation rare dans l’établissement
Sur place, ce lundi matin, l’ambiance est restée bon enfant, sans heurts. Une fanfare accompagnait les étudiants mobilisés, tandis que des automobilistes manifestaient leur soutien en klaxonnant à leur passage sur l’avenue Édouard-Belin.
Cette mobilisation marque un moment inhabituel pour l’établissement toulousain. Selon les étudiants, l’ISAE-SupAéro ne s’était pas mobilisé pour une cause depuis 15 ans, lors des manifestations en faveur du mariage pour tous. À l’échelle nationale, le mouvement prend également de l’ampleur : pour la première fois depuis 20 ans, les quatre Écoles normales supérieures (ENS) ont été bloquées le même jour.














