EXCLUSIF. Vingt-quatre CRS ont été victimes de brûlures et d’irritations après avoir été aspergés d’acide phosphorique, jeudi 5 novembre, sur le pont des Catalans à Toulouse. L’un d’eux a été touché aux yeux malgré ses protections. Examinés par des médecins, les policiers souffrent finalement de blessures légères. Cette agression est survenue lors des tensions entre les forces de l’ordre et une partie du cortège. Le ou les auteurs n’ont pas été identifiés. Les images de vidéoprotection pourraient apporter des indices, alors que le syndicat Alliance réclame des sanctions sévères.
Malgré ses protections, un policier de la CRS 26 a été touché aux yeux. Il fait partie des vingt-quatre fonctionnaires victimes de brûlures et d’irritations après des projections de liquide, jeudi 5 novembre, à Toulouse. « De l’acide », assure un policier. Selon nos informations, le produit utilisé était de l’acide phosphorique, un liquide ultracorrosif. « Ils ont senti une vaporisation de liquide sur leur visage, certains ont senti une irritation. Ils ont été examinés sur place par les pompiers, aucun problème majeur n’a été détecté », confirme Alexandre Desportes, le directeur interdépartemental de la police nationale à Toulouse.
Personne n’est blessé mais cette agression inquiète jusque dans les rangs du cortège. « Ceux qui ont fait ça auraient pu toucher n’importe qui. Y compris les autres participants au mouvement », souligne un manifestant, qui se désolidarise de ces « actes de barbarie ».
Ces projections éclairent en partie le déroulement de l’échauffourée filmée sur le pont des Catalans, où la progression des manifestants a été interrompue par un important dispositif policier.
Face-à-face sur le pont
Tout se déroule peu après 15 heures, lors de cette mobilisation qui rassemble 22 000 participants. Les forces de l’ordre barrent l’accès à l’hypercentre. Sur le pont des Catalans, la tête du cortège se retrouve face aux CRS. Le face-à-face se prolonge, dans un premier temps sans violence.
Une dizaine d’individus présentés comme des black blocs d’ultragauche, le visage dissimulé, remontent alors le long de la foule. Cachés derrière des conteneurs à poubelles et sous des parapluies, ils finissent par se glisser au sein du cortège syndical. Une première altercation éclate.
C’est à ce moment que les forces de l’ordre ont été vaporisées, sans que son auteur soit identifié. Les policiers n’en connaissent pas encore la nature, mais les premières sensations de brûlure et les démangeaisons apparaissent rapidement, malgré leurs équipements.
Les auteurs à identifier
« Le ou les auteurs ont agi en toute impunité. Ils sont, à ce stade, toujours en fuite. Il n’est pas normal, aujourd’hui en France, de risquer sa vie lorsqu’on remplit le rôle de policier. Les fonctionnaires sont mis en danger. Nous réclamons des moyens et des sanctions sévères », déclare Lionel Ricaud, responsable départemental d’Alliance police nationale en Haute-Garonne. Une enquête a été ouverte par le parquet de Toulouse. Des plaintes pourraient être rapidement déposées.
Les caméras de vidéoprotection installées dans le centre-ville pourraient fournir des indices permettant d’identifier le ou les responsables de ces projections. À ce stade, rien ne permet de les attribuer aux individus masqués présents dans le cortège.

















