Le pape Léon XIV arrive à Lourdes pour une visite de deux jours, la première d’un souverain pontife depuis dix-huit ans. Mgr Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes-Lourdes, est au cœur de l’organisation de ce déplacement. Il était l’invité d’ICI Occitanie.
Il a vécu quelques semaines sous pression. Mais la tension retombe un peu à quelques heures de l’arrivée du pape Léon XIV à Lourdes pour Jean-Marc Micas : « la pression a été extrêmement forte ces derniers jours, mais maintenant on y est, tout est prêt, alors on l’attend avec impatience ». La ferveur est montée d’un cran dans la cité mariale avec l’arrivée des forces de sécurité et des premiers pèlerins : « il y a beaucoup de bus qui commencent à arriver dans le sanctuaire et qui commencent à remplir les rues de Lourdes, » se réjouit l’évêque.
Léon XIV au beau milieu de la foule
Dimanche en fin de journée, après la messe célébrée près du sanctuaire, le pape participera à la procession mariale au milieu des fidèles, en marchant Une première à Lourdes pour un pape, rappelle Mgr Micas : « C’est une première puisque Jean-Paul II et Benoît XVI étaient venus déjà en pèlerins au sanctuaire de Lourdes, mais ils avaient assisté à la procession depuis leur siège, en la regardant se dérouler sous leurs yeux. Le pape Léon XIV a souhaité lui-même se faire pèlerin et donc faire ce que font les pèlerins à Lourdes : marcher derrière la statue de la Vierge Marie. »
Une rencontre avec des victimes de violences sexuelles
Léon XIV doit également rencontrer sept victimes de violences sexuelles dans l’Église. Les associations, dont le collectif de Bétharram, n’ont pas été conviées : « Il sera là pour, dit-il, pouvoir rencontrer en profondeur les personnes, écouter et pouvoir parler aussi et pas simplement échanger des discours avec des représentants de collectifs, d’associations de victimes. Les deux options sont tout à fait possibles, mais c’est le choix qu’il a fait pour pouvoir avoir, pendant une heure ; une rencontre en profondeur avec quelques personnes qui, de toute façon, sont elles-mêmes souvent membres d’associations. » L’évêque dit toutefois comprendre la déception des associations : « Bien sûr, mais elles ont eu la possibilité de lui communiquer des dossiers, des documents », rappelle-t-il.
Un visite papale qui suscite un intérêt au-delà de la communauté catholique, selon Jean-Marc Micas : « Je suis habituellement en contact avec la communauté protestante mais aussi avec la communauté musulmane et la communauté israélite de Lourdes. Et lorsque j’ai adressé à leurs responsables des invitations à venir participer, s’ils le souhaitaient à la messe, leurs lettres disant qu’ils seraient là m’ont vraiment beaucoup touchées. Le sens que cet événement déborde très largement la seule communauté catholique. »
La visite de Léon XIV restera assurément gravée dans la mémoire de Jean-Marc Micas : cet enfant de Boussens, qui a officié à Saint-Gaudens et à Escalquens, n’aurait jamais pensé côtoyer le pape et l’approcher de si près : « Je n’aurais jamais pensé être évêque de ce lieu même si enfant ou adolescent, ma vocation était d’être prêtre. Pour cette visite, j’accueille le pape, qui est un frère évêque si j’ose dire, sauf que son diocèse est un tout petit peu plus grand que le mien ! » sourit le religieux. « C’était le climat de notre rencontre lorsque nous sommes vus à Rome, et je pense que ce climat fraternel sera le même pendant sa visite. »
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