À l’occasion de la feria du week-end de Pentecôte 2026, le club taurin de Vic-Fezensac (Gers) a organisé six corridas avec mise à mort. Il s’agit de la seule commune de l’ex-région Midi-Pyrénées à perpétuer cette pratique. La culture taurine s’y transmet de génération en génération.
Les habitants de Vic-Fezensac, petite commune du Gers, ne comptent certainement pas abandonner leurs traditions, vieilles de plus d’un siècle. Comme chaque année, une feria y est organisée à l’occasion du week-end de Pentecôte. Le club taurin de la ville propose au public six spectacles de corridas avec mise à mort. Une pratique controversée .
Arènes pleines à craquer
Plus de 22.000 personnes ont acheté une place pour fouler les bancs des arènes en ce week-end de Pentecôte 2026. Vicois de souche, Gaspar ne raterait la feria pour rien au monde. « Je suis tombé dans la marmite étant petit. Pour les Vicois et même pour les Gersois, les gens du Sud-Ouest en général, c’est le moment qu’on attend le plus dans l’année« , s’enthousiasme-t-il.
La feria de Vic-Fezensac est devenue une institution depuis les années 1970. L’année dernière, la moitié des participants étaient originaires du Gers, d’après une enquête réalisée par la mairie.
Une culture transmise de génération en génération
La culture taurine est une véritable affaire de famille. Dans les coulisses des arènes, Joseph Fourniol, la tradition se transmet de génération en génération. Du haut de ses 15 ans, Maëlle Bridonneau-Fasolo reconnaît faire partie d’une « grande famille de passionnés » : « Mon père est secrétaire adjoint au club taurin de la ville, commence-t-elle a énumérer. Avant, mon grand-père était arenero, en charge de balayer la piste, et mon arrière grand-père ouvrait les portes des taureaux pour les déplacer et leur donner à manger.«
La secrétaire du club, Estelle Moran, tient à transmettre sa passion pour la corrida à ses enfants. « C’est en nous et on travaille pour le faire perdurer et le transmettre. Leurs premiers jouets, c’était des arènes en Lego et en Playmobil« , s’amuse-t-elle, en jetant un coup d’œil vers sa fille de 8 ans.
« Il faut préparer notre relève »
Le club taurin de Vic-Fezensac multiplie les initiatives pour perpétuer la culture taurine de la ville, datant de la fin du XIXe siècle. « On essaie vraiment d’impliquer les jeunes. Il faut préparer notre relève« , concède Estelle Moran, chargée de développer différents projets à destination du public. Selon elle, la moyenne d’âge des membres du club est proche de 70 ans.
Chaque année, durant la semaine qui précède la féria, le club taurin organise donc des évènements conçus spécialement pour les enfants. « On accueille des classes de la crèche, de l’élémentaire et du collège. On leur fait visiter les arènes, les taureaux et on leur explique », se réjouit Estelle Moran.
Consciente des oppositions à la corrida, elle souhaite surtout donner l’opportunité aux plus jeunes de comprendre la culture locale : « On adhère ou on adhère pas mais, au moins, on leur donne cette clé pour découvrir le milieu taurin. » Une fois par mois, le dimanche midi, la maison du club taurin ouvre ses portes pour échanger avec le public.
Cette année, le club a également offert des places de corrida gratuites à toutes les associations sportives de la ville.
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