Alors que les mobilisations lycéennes se poursuivent cette semaine, Meriem, 19 ans, ancienne élève du lycée Bellevue à Toulouse, témoigne des conséquences de Parcoursup sur son parcours. Sans formation depuis deux ans malgré plusieurs candidatures, elle enchaîne les petits boulots et dénonce un système qu’elle juge opaque et injuste, dont elle réclame la suppression.
Quand elle était plus jeune, Meriem Benaouda s’imaginait infirmière ou médecin, en tout cas dans un métier lié au soin. Aujourd’hui, à 19 ans, elle est bien loin de ce qu’elle avait imaginé. Deux ans après avoir obtenu son bac au lycée Bellevue, à Toulouse, l’ancienne lycéenne n’a toujours pas trouvé de formation correspondant à son projet et doit se contenter d’un emploi dans la restauration rapide pour subvenir à ses besoins.
Un parcours chaotique dont elle estime qu’il porte un nom : Parcoursup. « J’avais un dossier correct en première mais, en terminale, j’ai eu une grosse période de dépression. Je n’allais plus en cours, je n’allais pas bien du tout… Personne ne m’a vraiment aidée, ni même ma prof principale. Ma mère a essayé de prendre contact, en vain. Après, je me suis débrouillée toute seule pour décrocher le bac, mais je sentais bien que ça allait me porter préjudice. »
« Un manque de suivi des élèves »
La suite lui donne, selon elle, raison. Malgré dix vœux dans des formations liées au soin, au management et à la gestion, Meriem ne reçoit aucune proposition d’admission. La jeune femme regrette notamment le manque de suivi des élèves au moment de construire leur projet d’orientation.
« On est juste poussés à choisir des vœux, à remplir la plateforme, sans savoir vraiment ce qui est possible ou pas. C’est l’abandon complet. »
Les revendications des lycéens et leurs critiques vis-à-vis de la plateforme d’orientation, ces dernières semaines, elle ne peut que les comprendre. « En voyant aujourd’hui les élèves de mon ancien établissement se mobiliser et exprimer leurs inquiétudes concernant leur avenir et Parcoursup, j’ai ressenti le besoin de prendre la parole. »
Depuis, Meriem enchaîne les petits boulots et formule de nouveaux vœux en 2025 et 2026. La première année, elle reste sur liste d’attente et conserve l’espoir d’obtenir une place. Mais en septembre 2025, le couperet tombe : elle n’est finalement pas admise.
L’année suivante, elle reçoit une proposition pour une formation dans une école privée, mais découvre que celle-ci coûte 4 000 euros, une somme impossible à financer avec ses ressources.
« Il devient de plus en plus difficile de trouver ma place »
Pendant que certains de ses amis s’apprêtent à terminer leurs études, la Toulousaine a le sentiment d’être laissée de côté, que le monde avance sans elle. « Je vois mes camarades en L3, alors que moi, je galère encore. C’est frustrant, je me dis presque que je suis nulle, alors que j’ai toujours été sérieuse en cours, sauf en terminale à cause de ma santé. Je veux juste une chance d’étudier, mais là, je ne sais même plus si c’est possible. »
Selon elle, cette situation a eu des conséquences importantes, à la fois sur son parcours et sur sa confiance en elle. « Lorsqu’on voit les autres jeunes avancer pendant que l’on reste sans solution, il devient de plus en plus difficile de trouver sa place. »
Comme de nombreux anciens élèves qui ont rencontré des difficultés avec le système d’orientation, Meriem estime qu’il faudrait revoir en profondeur, voire supprimer, Parcoursup.
« Pour moi, ce système est injuste. Il y a plein de jeunes avec de très bons dossiers qui n’ont pas les études qu’ils souhaitent. Ce n’est pas normal qu’on se retrouve à travailler, à perdre un temps fou, alors qu’on veut juste étudier. L’algorithme ne voit pas nos vrais efforts et notre situation. »
Avec l’aide de la Mission locale, Meriem espère désormais débuter une formation d’aide-soignante. Et si cela n’aboutit pas, en désespoir de cause, elle retentera Parcoursup.














