Un nouveau collectif « Metoodanse31 » a été créé pour libérer la parole des danseuses à Toulouse, sur des faits de violences sexistes, sexuelles et de comportements inappropriés. En 24 heures, plus de trente témoignages anonymes ont été recueillis, révélant un malaise profond et, parfois, le silence des structures. Certaines auraient néanmoins pris des mesures pour la rentrée prochaine. On vous explique.
Près de dix ans après le déferlement mondial du mouvement #MeToo, la libération de la parole gagne le milieu de la danse à Toulouse, avec la création d’un collectif. Son but : dénoncer les violences sexistes et sexuelles qui persistent au sein de ce secteur. Baptisé « Metoodanse31 », un compte Instagram a été ouvert il y a quelques jours.
Les créatrices ont développé un formulaire pour recueillir des témoignages d’expériences vécues. Y sont listés les « comportements inappropriés, propos déplacés, abus de pouvoir, violences, emprise, agressions ou toute situation ayant pu générer un malaise ou une mise en difficulté ». Ces réponses sont collectées de manière confidentielle et n’ont pas vocation à être dévoilées publiquement.
Une influenceuse prend la parole
Quelques jours avant l’ouverture de la page, Oihana, danseuse et influenceuse toulousaine suivie par plus de 30 000 personnes, avait partagé une vidéo coup de poing pour évoquer ce fléau. « Sachez qu’à Toulouse, il y a des danseurs agresseurs dont on ne parle pas, car ils sont protégés », lançait-elle.
« Ça fait longtemps que j’entendais des choses, je me suis dit qu’il était temps d’en parler, de profiter de ma visibilité pour créer un peu d’engouement, c’est comme ça que les gens vont se réveiller », explique-t-elle aujourd’hui à La Dépêche. Puis elle partage une deuxième publication sur le sujet, en identifiant la page « Metoodanse31 », lui permettant de gagner rapidement en popularité.
Une trentaine de témoignages
Plus de 1 000 internautes y sont déjà abonnées. En moins de 24 heures, une trentaine de signalements ont été déposés sur le formulaire. « Les victimes décrivent des faits de violences psychologiques, physiques et sexuelles, indique le compte. Toutes les disciplines sont concernées : afro, dancehall, danses latines, hip-hop, house. »
De son côté, Oihana a aussi reçu de nombreuses confessions de victimes en message privé, relatant, à 90 %, des comportements masculins. « C’est très dur de savoir tout ce qui se passe et d’être, malgré tout, impuissante. C’est pour ça que j’essaie à mon échelle de faire le maximum. »
Le rôle des structures
« Plusieurs témoignages mettent également en cause des structures et des écoles toulousaines, poursuit le compte. Selon les récits reçus, certaines auraient ignoré des signalements ou continué à soutenir des personnes mises en cause. »
Mais la création de la page aurait déjà des retombées et commencerait à bousculer le milieu local. « Certains ont été déprogrammés d’écoles pour la rentrée prochaine », assure la danseuse, en prenant soin de ne donner aucun nom. « Par respect pour la confidentialité » et « par prudence juridique », le compte Instagram ne partage aucune identité et n’épingle aucun établissement.
« Le but n’est pas d’enfoncer des gens à tout prix, précise-t-elle. C’est de pouvoir prévenir les violences au maximum, écouter et protéger les victimes. »











