EXCLUSIF. Le candidat à la reprise de l’usine Fibre Excellence à Saint-Gaudens avait jusqu’à ce jeudi pour déposer une offre au tribunal de commerce, il ne l’a pas fait. En conséquence, c’est la liquidation de l’entreprise qui devrait être prononcée la semaine prochaine par le tribunal. Un coup dur pour le territoire et plus encore pour les personnels, brinqueballés entre doutes et espoirs depuis avril. Mais le projet demeure.
Le projet était trop beau. Peut-être trop gros aussi. Comme nous l’indiquions ce mercredi 21 octobre, le projet à 200 millions d’euros nécessite plus de temps.
En deux mois, le groupe portugais Ghost n’a pas été en mesure de boucler un dossier de reprise complet, et les « lettres d’intention » adressées au tribunal par l’industriel, par la Région et par l’État, ne permettront pas aux juges du commerce de repousser encore une fois la liquidation judiciaire.
Certes, ces lettres indiquent que le projet perdure. Que l’ambition de l’industriel est intacte. Que la Région poursuit, comme au premier jour, son soutien aux personnels, au repreneur et au territoire. Et même que l’État, cette fois, est d’accord pour donner un sérieux coup de main au projet. Mais faute d’un dossier de reprise plus formel, le tribunal de commerce n’aura pas d’autre solution que de prononcer la liquidation.
Le projet demeure
Le projet reste donc sur les rails, avec ses prévisions, avec son estimation à 200 M€, avec la relance de la production de pâte à papier associée à la création d’une ou plusieurs ligne(s) de production pour fabriquer les spécialités du groupe (produits d’hygiène notamment). À quelle échéance ? Et en attendant, quelles solutions seront proposées aux salariés ?
« On n’a pas précisément de dates concernant les prochaines échéances de l’industriel, de calendrier », indique Nicolas Bruel, délégué CGT. On se doutait que le temps de la procédure judiciaire ne suffirait pas à l’industriel pour rendre un dossier complet et précis, qu’il aurait besoin de plus de temps. Six mois ? Un an ? On ne sait pas. En attendant, on va avoir une période de transition via un CSP (Contrat de sécurisation professionnelle). L’objectif est de nous accompagner, de nous former, pour garder les compétences et les salariés, ici en vue de la reprise d’activité ».
Préserver l’outil de travail
Encore faudra-t-il que l’usine et ses machines soient préservées et entretenues : l’expérience malheureuse de la liquidation à Tarascon est dans tous les esprits des personnels à Saint-Gaudens. « À la liquidation, les mandataires deviennent liquidateurs : ce sont eux qui auront la main sur l’usine », poursuit le délégué syndical. Ils sont d’accord pour laisser du temps au porteur de projet et éviter le démantèlement de l’outil. Et de notre côté, on sera très vigilant ».
Doutes et galères à venir
Depuis la cessation de paiement en avril – et même depuis les premières alertes il y a un an (novembre 2025), les personnels ont eu plusieurs raisons d’espérer, et autant d’occasions de douter. Et plus le temps passait, plus les doutes étaient forts. « Cette offre semblait tellement belle qu’on peinait à y croire », commente un salarié. « D’abord parce que toutes les précédentes offres, toutes les propositions qui semblaient nous offrir un avenir se sont soldées par des échecs. De déception en déception, on finit par ne plus croire en rien. On nous dit que le projet demeure, mais nous, on va être licenciés, sans savoir si on reprendra un jour ici, à quelle échéance, sous quelle forme ? «
« Oui, on va traverser une période difficile pour nous tous », conclut Nicolas Bruel. « Mais l’industriel, la Région et l’État ne nous ont pas abandonnés. C’est pour nous encore un espoir de continuer à travailler ici, chez nous ».





















