Une femme âgée de 39 ans, qui tenait des propos incohérents, a été interpellée vendredi 22 mai après les dégradations commises dans la salle du conseil municipal du Capitole, à Toulouse. Elle avait demandé à rencontrer le maire et était entrée dans les salles d’apparat comme une simple visiteuse. Inconnue de la justice, elle a été présentée ce lundi devant le procureur et sera jugée pour ces faits qui apparaissent comme un geste isolé.
Le Capitole, avec la salle des Illustres, est un « must » du tourisme de la Ville rose aux côtés de la basilique Saint-Sernin ou, dans un autre genre, de la Cité de l’espace. En ce lundi de Pentecôte, de moins en moins férié, on se presse dans la maison commune qui est aussi un véritable musée avec ses salles d’apparat : les Illustres bien sûr, mais aussi la pièce que le peintre Henri Martin a recouverte de fresques et qui porte son nom, ou encore la salle du conseil municipal récemment rénovée. Les touristes commencent la visite par la cour Henri IV, puis grimpent le grand escalier sous le regard de Jean Jaurès avant de passer de salle en salle jusqu’à celle de l’assemblée des élus où un cordon empêche l’accès à l’hémicycle.
C’est ce parcours que, vendredi, à la réouverture du Capitole au public après des mariages, à 16 h 30, une visiteuse un peu particulière a emprunté avant de dégrader plusieurs fauteuils et bureaux de la salle du conseil municipal. Pas n’importe quel mobilier : celui situé sur une estrade, au bout de l’assemblée, là où siègent le maire et ses adjoints. Une dizaine de fauteuils, fracassés sur les tables, ont subi cet accès de colère. Et le pupitre du bureau du maire a été éventré.

L’auteure des dégradations a été interpellée sur place dans la foulée par un des agents de sécurité en poste au Capitole. Puis elle a été confiée à la police municipale qui l’a conduite au commissariat central où elle a été placée en garde à vue. Présentée ce lundi devant le procureur, elle sera jugée ultérieurement.
« Un lieu d’histoire »
D’après des témoins, cette femme âgée de 39 ans s’était présentée au Capitole dans un état d’agitation manifeste et avait demandé à être reçue par le maire. « Elle hurlait : je veux voir le maire. Elle a fait peur aux visiteurs. Un agent de sécurité l’a mise à l’écart. » Elle aurait parlé d’une « histoire criminelle » avant d’évoquer plus tard, devant les policiers, un problème de garde d’enfants. Ce profil exclut a priori une motivation politique pour ce qui apparaît plutôt comme un geste isolé.
Aujourd’hui, une personne s’est introduite dans la salle du Conseil municipal du Capitole – récemment rénovée – et y a dégradé plusieurs éléments du mobilier.
Un profond manque de respect pour s’en prendre ainsi à ce lieu emblématique de la démocratie toulousaine, en saccageant… pic.twitter.com/jDkiPIdfIc
— Jean-Luc Moudenc (@jlmoudenc) May 22, 2026
En fin de journée, vendredi, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Jean-Luc Moudenc a condamné « un profond manque de respect » d’un « lieu emblématique de la démocratie toulousaine. Au-delà des dégradations matérielles, c’est un lieu chargé de l’histoire de Toulouse et de sa vie démocratique qui a été volontairement piétiné. » Une plainte devrait être déposée par la mairie.
Le caractère symbolique de la salle des délibérations a provoqué une condamnation unanime de la part de toutes les composantes du conseil municipal, opposition incluse. « C’est un lieu d’histoire, de patrimoine et de démocratie qui a été souillé », a déploré François Briançon, qui copréside le groupe PS, Verts, PCF et citoyens. Pour Hélène Cabanes (Les Écologistes), « la colère de certains face à notre démocratie en panne est compréhensible, mais ces lâches réactions ne résoudront rien. » Régis Godec a dénoncé « un acte stupide et une attaque aux symboles de la République ». François Piquemal (LFI) s’est, lui, dit « triste de voir du mobilier de la salle des Illustres ainsi dégradé ». Sur X, dans les réactions au message du maire, de nombreuses personnes ont pointé du doigt LFI qui, en l’occurrence, n’y est pour rien.
Triste de voir du mobilier de la salle des Illustres ainsi dégradé.
Utile de rappeler le rôle essentiel des agent.e.s municipaux qui veillent à notre patrimoine et matrimoine toulousain. https://t.co/TCOmR8l0Qy
— François Piquemal (@FraPiquemal) May 22, 2026
Lors du dernier conseil municipal, le 30 avril, Jean-Luc Moudenc avait salué le retour des dix bustes de terre cuite qui, restaurés, venaient tout juste de retrouver leur emplacement dans des niches, en surplomb. Il s’agit de la dernière touche de la rénovation de cette salle qui, l’an dernier, a vu ses tableaux nettoyés et deux nouvelles peintures orner les caissons du plafond.












