Vouée lors de sa restructuration en 2013 à l’image idyllique du vivre-ensemble, la résidence mixte du Petit Varèse révèle aujourd’hui une autre réalité à l’occasion des travaux qui la touchent. Elle est devenue la résidence de l’enfer pour ses locataires.
Leur lettre de mise en demeure, récemment adressée à la mairie de Toulouse et à Toulouse Métropole Habitat, bailleur social gérant la résidence du Petit Varèse, n’y va pas par quatre chemins. Le collectif des habitants y dénonce une situation extrêmement grave créée par les travaux actuellement réalisés dans la résidence. « La fermeture des coursives et l’installation de cloisons/murs empêchant désormais l’accès normal aux ascenseurs des différents blocs ont profondément désorganisé la circulation des habitants et créé une situation de danger inacceptable. Aujourd’hui, de nombreux résidents ne peuvent plus accéder librement aux ascenseurs 1 et 11, alors même que l’ascenseur commun restant (le 5) est en panne et bloqué depuis plusieurs jours », indiquent les résidents. Ils évoquent une énorme gêne occasionnée pour les personnes âgées, celles à mobilité réduites (PMR), les personnes malades plus globalement, les familles, mais aussi les infirmières et aides-soignants intervenant à domicile, les ambulanciers utilisant des brancards, ainsi que l’ensemble des habitants.
« Je n’ai jamais vu ça de ma vie ! »
Le collectif du Petit Varèse peut désormais ajouter au panier les faits totalement hallucinants survenus le week-end dernier, qui ont choqué en premier lieu les agents des travaux en cours. L’un d’eux témoigne sous couvert d’anonymat : « Regardez ce qu’ils ont osé faire au niveau des coursives que nous avions bouché… Je n’ai jamais vu ça de ma vie ! » Au 5e étage, les trafiquants de drogue – on le sait relégués dans l’immeuble depuis les nouveaux aménagements devant le Petit Varèse, destinés entre autres à décourager la circulation des véhicules et les allers-venues des trafiquants de tous poils-, n’ont rien trouvé de mieux que d’exploser à coups de massue les coursives désormais bouchées aux parpaings ! Sur place, on peut se rendre compte de la violence et de l’acharnement de ces délinquants pour détruire un barrage les perturbant bien évidemment en cas de repli si intervention policière il y avait… Et ce sont bien ces mêmes délinquants qui sont visés dans les dysfonctionnements à répétition des ascenseurs hors service, dont le « 5 » central et stratégique.
« Nous ne baisserons pas les bras »
« Nous sommes profondément stupéfaits et attristés par les événements survenus récemment sur la résidence Petit Varèse. Nous condamnons ses actes de vandalismes de nature à empêcher la réalisation de travaux de sécurisation de la résidence en proie au trafic de stupéfiants et aux incivilités. Des familles, des personnes âgées, des étudiants, vivent dans cette résidence, ils sont les premiers visés et impactés par ces agissements. Pour eux, pour nos équipes, nous restons mobilisés. Nous ne baisserons pas les bras », réagit la direction de Toulouse Métropole Habitat. L’occasion, effectivement, de rappeler le caractère mixte du Petit Varèse, dont le lancement en 2013 avait suscité espoir et enthousiasme auprès d’une population désormais composée d’habitants historiques de la Reynerie, d’étudiants de la faculté proche du Mirail, mais aussi d’associatifs tournés vers le caritatif.Depuis plus de dix ans, avec le soutien de la collectivité, Toulouse Métropole Habitat mène sur cette résidence un programme ambitieux de réhabilitation, de résidentialisation et de sécurisation. Plusieurs dizaines de millions d’euros (soit 160 000 € par logement, l’équivalent aujourd’hui d’un logement neuf) ont ainsi été investies pour améliorer durablement les conditions de vie, dans un contexte marqué par des incivilités récurrentes et des trafics, « que nous ne pouvons endiguer seuls », déplore le bailleur. Une situation qui n’est pas neutre, sans compter les surcoûts engendrés sur l’entretien courant, le nettoyage, la maintenance ascenseur, le gardiennage…













