Depuis quelques semaines, une rumeur circule à grande vitesse sur TikTok et les forums automobiles : utiliser son GPS sur smartphone en conduisant serait désormais interdit, et passerait même depuis le 1er mai 2026 par une suspension immédiate du permis. Waze, Google Maps, Apple Plans… des milliers de conducteurs se demandent s’il faut définitivement ranger leur téléphone au fond de la boîte à gants. La réalité est plus nuancée.
La rumeur, démêlée
Tout commence par des vidéos virales affirmant que le ministère de l’Intérieur aurait annoncé une interdiction totale des applications GPS sur smartphone pendant la conduite, y compris lorsque le téléphone est posé sur un support ou commandé à la voix.
Des sites web reprennent l’information sans la vérifier, les partages s’enchaînent, la panique s’installe. Résultat : un flou total chez de nombreux automobilistes sur ce qu’ils risquent réellement aujourd’hui derrière le volant.
Ce que dit la loi : le GPS sur support reste autorisé
Soyons clairs. Il n’existe aucune interdiction nationale des applications GPS sur smartphone. Aucun décret n’a été publié en ce sens au Journal officiel. La règle de base, posée par l’article R412-6-1 du Code de la route, est simple : ce qui est interdit, c’est le téléphone tenu en main au volant. Un smartphone correctement fixé sur un support homologué, affichant Waze ou Google Maps sans nécessiter de manipulation, reste parfaitement légal sur l’ensemble du territoire français. Pour ceux qui disposent d’une voiture compatible, Android Auto et Apple CarPlay constituent l’option idéale : le risque d’infraction tombe à zéro.
Le piège dans lequel tombent de nombreux conducteurs, c’est le geste réflexe : attraper son téléphone “deux secondes” pour zoomer sur l’itinéraire ou changer de destination. Aux yeux de la loi, ce geste constitue une infraction caractérisée, et ce même à l’arrêt à un feu rouge.
Vrai : une suspension immédiate du permis dans quatre départements
C’est là que la situation évolue réellement. Depuis le 1er mai 2026, quatre départements français appliquent une suspension administrative immédiate du permis de conduire en cas d’usage du téléphone tenu en main au volant. Les Landes ont été pionnières en novembre 2025, suivies du Lot-et-Garonne et du Pas-de-Calais en février 2026, puis de la Charente-Maritime depuis le 1er mai dernier.
Cette mesure ne repose pas sur une nouvelle loi nationale, mais sur des arrêtés préfectoraux fondés sur le Code de la route. La durée de la suspension varie de 15 jours à 6 mois, selon les circonstances. Dans les Landes, environ 350 permis avaient déjà été suspendus entre novembre 2025 et mars 2026, avec à la clé une baisse notable des infractions liées au téléphone sur les routes du département.

Ce que vous risquez concrètement
Les sanctions classiques, valables partout en France, restent une amende forfaitaire de 135 euros (90 euros si elle est payée sous 15 jours, 375 euros en cas de dépassement du délai) et un retrait de 3 points sur le permis. Dans les quatre départements concernés, s’y ajoute la suspension immédiate. En Charente-Maritime, une contribution citoyenne de 200 euros au profit d’associations d’aide aux victimes de la route a également été instaurée. La facture totale peut ainsi dépasser 335 euros, sans compter la suspension.
Autre point méconnu : même si l’écran de votre téléphone était éteint au moment du contrôle, l’appareil peut être saisi. L’article R412-6-2 du Code de la route le prévoit explicitement.
Le verdict
FAUX pour une interdiction totale des GPS au niveau national : Waze et Google Maps restent autorisés sur support fixe dans toute la France. VRAI pour le risque de suspension du permis : dans quatre départements, tenir son téléphone en main au volant, même pour consulter son GPS, expose désormais à une suspension immédiate. La règle d’or reste inchangée : téléphone dans le support, itinéraire programmé avant de partir.














