La saturation des transats dans les hôtels a poussé la justice allemande à condamner un voyagiste. Mais des Toulousains ont la solution ! Une start-up, basée à l’IoT Valley, a développé un capteur connecté pour éviter les réservations abusives des chaises longues. Objectif : plus d’équité et de transparence autour des piscines.
Des transats pris d’assaut dans les hôtels et les campings dès l’aube : une pratique devenue monnaie courante quand l’été bat son plein. Très tôt le matin, certains vacanciers posent leur serviette sur une chaise longue, puis repartent se coucher ou vaquer à d’autres occupations, en étant sûrs de pouvoir en profiter et s’allonger plus tard. Problème : le transat ne peut alors pas être utilisé par une autre personne. On parle de réservation fantôme ou de monopolisation abusive.
Mais au-delà de l’agacement, le litige est désormais juridique. La justice allemande a récemment créé un précédent en condamnant le géant du tourisme TUI à rembourse un client de près de 1 000 euros de dommages et intérêts. En cause : la saturation permanente des transats d’un hôtel sur l’île de Kos en Grèce, constituant un manquement au contrat de voyage. L’homme avait réservé pour lui et sa famille un séjour en formule tout compris.
Pour remédier à ce phénomène, une start-up toulousaine a développé un outil digital et automatisé. Baptisée « Naqualea« , cette initiative est née à l’IoT Valley à Labège. « Le dispositif est composé d’un capteur fixé discrètement sous l’assise, qui détecte la présence, ou non, d’une personne », explique Perla Barcessat, fondatrice et directrice.
En amont, le gérant de la structure touristique doit paramétrer une durée d’absence autorisée : deux heures pendant le déjeuner, une heure le reste de la journée par exemple. Quand le capteur remarque que le délai de tolérance est expiré, le personnel est habilité à libérer la place en mettant les effets personnels dans un casier. Côté vacanciers, ils peuvent suivre la disponibilité en temps réel sur l’application de l’établissement.
Un client en Occitanie
« Des règles existent déjà, mais elles ne sont pas imposées, ajoute-t-elle. C’est souvent des panneaux autour des piscines ou le personnel qui vérifie à vue d’œil. Là, on propose une vraie traçabilité. C’est aussi pour ce motif que TUI a été condamnée : faute d’avoir pu prouver l’existence d’un système établi pour fluidifier. »
Ce service vise donc « une équité pour les vacanciers ». « On estime que le transat est un service payé dans la prestation d’un voyage, donc tout le monde doit pouvoir en bénéficier », relate la fondatrice.
Les données offriront également aux hôtels et aux campings une meilleure connaissance des usages des vacanciers pour « mieux adapter les activités complémentaires ». En plein déploiement, la solution compte déjà une dizaine de clients partenaires, dont un camping des Pyrénées-Orientales.












