Selon les habitants du Petit-Varèse, les travaux menés dans cette résidence mixte du Mirail, à Toulouse, n’auraient pas été vandalisés par les dealers délinquants, mais bien par eux, excédés par les dysfonctionnements des ascenseurs perturbant la circulation des habitants au sein de l’immeuble.
Ils n’apprécieraient pas que l’on vise les dealers concernant les destructions hallucinantes dont leur immeuble a récemment fait l’objet. Rappel des faits : lors du week-end de l’Ascension, c’est à coups de massue que les murs des coursives – bouchées dans le cadre du réaménagement de la résidence du Petit Varèse – ont été littéralement explosés, laissant à terre les gravats issus des agglos détruits (nettoyés depuis).
« Nous tenons à affirmer clairement que le mur évoqué (cf. La Dépêche du Midi du 25 mai 2026) n’a pas été cassé par des dealers, mais par des habitants eux-mêmes, dans un contexte de forte tension lié aux ascenseurs bloqués et aux difficultés de circulation provoquées par les travaux et les fermetures des coursives », réagit le collectif des habitants du Petit Varèse. Quelques jours auparavant, le collectif avait alerté Toulouse Métropole Habitat (TMH), bailleur social, des nombreuses perturbations quotidiennes inhérentes aux travaux menés sur leur résidence, des travaux prévus pour être achevés d’ici la fin de l’année… Le collectif affirme que « depuis plusieurs jours, des personnes âgées, des habitants en situation de handicap, des personnes en fauteuil roulant, des infirmières, des aides-soignants et des ambulanciers ne pouvaient plus circuler normalement dans la résidence en raison des ascenseurs en panne et des accès condamnés ». Certaines personnes âgées auraient attendu pendant des heures au pied des immeubles dans l’espoir qu’un réparateur intervienne enfin pour remettre les ascenseurs en fonctionnement.
Le problème des ascenseurs
De là à défoncer soi-même les coursives emmurées ? « Cela m’étonnerait… Ils ont peut-être aussi intérêt à ne pas pointer du doigt les dealers… », ose du bout des lèvres un membre permanent de la sécurité dans l’immeuble. Des propos corroborés par la direction de TMH : « Nous condamnons ces actes de vandalisme de nature à empêcher la réalisation de travaux de sécurisation de la résidence en proie au trafic de stupéfiants et aux incivilités« . Des aménagements qui, rappelons-le, répondaient à des objectifs précis : d’abord renforcer la sécurisation des accès aux halls d’entrée, ensuite raccourcir les coursives favorisant les occupations illicites et les trafics de drogue, en divisant le bâtiment en quatre ensembles de 35 logements.
Les habitants disent ne pas être opposés à la sécurité. Depuis le début des travaux, ils demandent simplement de remplacer les murs par des portes sécurisées, de mettre en place des badges d’accès pour les habitants, ainsi que de permettre aux résidents d’accéder aux différents ascenseurs, sans ouvrir librement la résidence à des personnes extérieures. En résumé, ils demandent des ascenseurs fonctionnels, une résidence accessible, des travaux réalisés correctement, « surtout le respect de notre dignité ».












