Après deux mobilisations début mai, la CGT FAPT 65 continue de dénoncer une dégradation des conditions de travail des postiers des Hautes-Pyrénées. Un préavis de grève illimité a été déposé par les salariés à compter de ce mardi 26 mai. De son côté, la direction de La Poste justifie sa réorganisation par l’effondrement du volume de courrier.
Surcharge de travail, sous-effectifs, précarisation des emplois… Le syndicat CGT FAPT 65 se veut alarmant sur la dégradation des conditions de travail des postiers des Hautes-Pyrénées. Après deux premières mobilisations, les 2 et 9 mai derniers, le syndicat passe à la vitesse supérieure en déposant un préavis de grève départemental illimité à compter de ce mardi 26 mai. Un rassemblement est d’ores et déjà annoncé devant le site courrier de Tarbes Bastillac. « Les postiers subissent depuis plusieurs années des réorganisations, des restructurations ainsi que des baisses d’effectifs », contextualise Cyril Caperet, délégué syndical de la CGT FAPT 6, avant d’ajouter : « C’est simple, à chaque fois qu’un poste est supprimé, c’est une tournée qui disparaît. La charge est alors reportée sur les autres. »
Guerre des chiffres autour des suppressions de postes
Selon les estimations du syndicat, près de 120 emplois de facteurs auraient été supprimés en moins de cinq ans dans le département. Interpellée, la direction de La Poste ne confirme pas ce diagnostic. Elle justifie en revanche une baisse d’effectifs par l’effondrement historique de son activité. « En 2008, nous distribuions environ 18 milliards de lettres par an. L’an dernier, nous étions en dessous des 6 milliards. Le gap est énorme », se défend le groupe. Des arguments appuyés par la direction : « Entre 2024 et 2025, le volume du courrier a baissé de 6,80%. Cette baisse n’est pas compensée par l’augmentation du nombre de colis. Ils représentent un volume 11 fois moins important et connaissent également une baisse de 2,80% entre 2024 et 2025. »
Un sentiment de « mal-travail » pour les postiers
Sur le terrain, la CGT FAPT 65 pointe du doigt les conséquences directes de cette crise : des passages plus tardifs des facteurs, des délais de distribution rallongés et une nette dégradation de la distribution de la presse quotidienne. Une situation qui pèse lourdement sur le moral des troupes, comme le souligne Cyril Caperet : « Les facteurs finissent leurs tournées en n’ayant que partiellement pu finir leur travail. De quoi créer un sentiment de mal-travail chez le personnel. De son côté, la direction elle-même demande à ses agents de ne pas terminer leur mission en refusant de payer les heures supplémentaires. » La direction de La Poste tient à nuancer le propos : « Dans notre modèle social, nous respectons fermement les 35 heures. Lorsqu’il y en a, toutes les heures supplémentaires sont rémunérées. »
Au-delà du rythme de travail, le syndicat déplore la précarité croissante des statuts, marquée par un recours important aux CDD et aux intérimaires. Le département compte aujourd’hui 261 facteurs et factrices. En réponse, La Poste tient à rappeler qu’elle reste une actrice majeure de l’emploi dans les territoires en rappelant ses 24 recrutements en CDI en 2024, 15 en 2025, et 2 pour l’année 2026.
La direction, « tient à rappeler sa volonté de maintenir un dialogue constructif », mettant en avant le fait que 11 réunions ont déjà eu lieu avec les partenaires sociaux dans le département depuis le début de l’année 2026. Le bras de fer ne fait que commencer.
Charly Bouyssou











