Une attribution pour cinq demandes, c’est l’état du logement social dans la grande aire toulousaine. Historiquement très peu dotée en logement sociaux, Toulouse ne parvient pas à rattraper la croissance démographique. C’est ce que révèle l’enquête de la chambre régionale des comptes d’Occitanie.
Des délais d’attente très longs pour les demandeurs, 16 mois de moyenne en 2024 dans une ville historiquement peu dotée, avec 53 logements sociaux pour 1.000 habitants, soit deux fois moins qu’en région parisienne ou dans les Hauts-de-France.
Dans un rapport rendu en mai 2026, la Chambre régionale des comptes d’Occitanie a étudié cinq communautés de communes (Toulouse Métropole, Coteaux Bellevue, Grand Ouest Toulousain, le Muretain Agglo et le Sicoval) et quatre bailleurs sociaux (Toulouse Métropole Habitat, Patrimoine SA Languedocienne, SA Promologis et SA Des Chalets). Et la conclusion est amère : Toulouse n’est exemplaire ni en construction ni en attribution.
Un dossier sur cinq accepté
Seize mois, c’est le temps d’attente moyen pour obtenir un logement social dans l’agglomération de Toulouse. C’est trois mois de plus qu’en 2019. La ville attire toujours plus d’habitants. Mais la construction de logements ne suit pas. À cela s’ajoute la hausse des loyers dans le privé et un phénomène de « décohabitation », davantage de personnes seules et de familles monoparentales déposent leurs dossiers. Aussi favorisée par la facilité accrue des démarches, aujourd’hui centralisées sur internet, la demande est plus importante que l’offre. Résultat : le système se bloque. Chaque année, 55.000 demandes sont déposées dans la région toulousaine mais 20% seulement aboutissent. Et une fois dans un logement social, les habitants y restent plus longtemps, les logements ne se libèrent pas.
« En 2009 c’était 1.000 logements construits par an, en 2024 on est à 3.000 logements, est-ce que c’est suffisant ? Non, parce qu’en même temps la demande elle est toujours très forte, elle s’est accentuée. », réagit Patrice Ros, le vice-président de la chambre régionale des comptes d’Occitanie. « L’accès au logement social est vécu comme universaliste, donc des critères essentiellement de rémunération qui font que 72% des Français pourraient prétendre à un logement social. » »
Trois communes épinglées pour non-respect des obligations HLM
Un autre pan du problème est en effet étudié par l’enquête de la Chambre régionale des comptes Occitanie : l’attribution de ces logements sociaux. Les difficultés d’accès au logement social touchent principalement les publics les plus défavorisés et les objectifs de mixité sociale ne sont pas atteints. Bien que le dépôt des demandes ait été facilité par la dématérialisation, le processus d’attribution reste complexe et souffre d’une inflation des catégories prioritaires. Le rapport de la Chambre régionale des comptes souligne qu’avec 14 catégories de ménages déclarés prioritaires comme les personnes victimes de violences conjugales ou les personnes en situation de handicap par exemple, le système perd en lisibilité et en efficacité, conduisant à une dilution des objectifs sociaux initiaux au profit d’une gestion devenue trop rigide. « En réalité, trop de priorités tue la priorité« , résume Patrice Ros.
Presque toutes les communes respectent leurs obligations en matière de construction. La chambre précise que seules les villes de la Salvetat-Saint-Gilles (Grand Ouest Toulousain), Escalquens (Sicoval) et Roquettes (Muretain) ne sont pas dans les clous. Mais pour résoudre les problèmes de tension à Toulouse, la juridiction financière appelle donc à une meilleure coordination entre les agglomérations, les communes et les bailleurs sociaux.
https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse-31555











