Le tribunal de commerce de Toulouse a prononcé, ce mercredi, la liquidation judiciaire de l’usine Fibre Excellence de Tarascon (Bouches-du-Rhône). Placé en redressement judiciaire depuis fin avril, le groupe papetier attend désormais la décision concernant son second site, à Saint-Gaudens, où 270 salariés espèrent toujours une reprise.
La décision est tombée en deux temps. Placé en redressement judiciaire depuis la fin du mois d’avril, le groupe papetier Fibre Excellence joue son avenir devant le tribunal de commerce de Toulouse. Ce mercredi 29 juillet, les juges ont prononcé la liquidation judiciaire de l’usine de Tarascon (Bouches-du-Rhône), estimant que sa situation était « irrémédiablement compromise, sans perspective de redressement ». En revanche, la juridiction n’a pas encore rendu son verdict concernant le site de Saint-Gaudens. Une attente insoutenable pour les 270 salariés du Comminges, qui espèrent encore échapper au même sort.
Le suspense dure depuis le début de la semaine. Lundi, les juges avaient rejeté l’unique offre de reprise portant sur l’ensemble du groupe Fibre Excellence. Présenté par le financier Matthieu Pigasse, via sa holding Combat, le projet était notamment conditionné à plusieurs engagements de l’État sur le prix de l’électricité, l’approvisionnement en bois assuré par l’Office national des forêts (ONF) ou encore les quotas carbone. Faute de garanties supplémentaires, le tribunal avait refusé cette proposition.
Un mystérieux repreneur se manifeste
Alors que l’issue semblait scellée, un nouvel acteur s’est invité dans le dossier. Quelques heures avant l’audience de lundi, un industriel a fait connaître son intérêt pour le seul site de Saint-Gaudens. Les magistrats lui ont accordé un délai supplémentaire pour verser une garantie financière de deux millions d’euros, préalable indispensable à l’examen d’une offre de reprise complète. Mardi, une réunion technique s’est d’ailleurs tenue entre cet industriel, les services du ministère de l’Économie et des représentants de la Région Occitanie afin d’étudier les conditions d’un éventuel accompagnement de l’État.
Depuis plusieurs jours, les salariés occupent les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon afin de protéger leur outil de travail. En Haute-Garonne, la mobilisation ne faiblit pas. Chacun attend désormais la décision du tribunal, qui pourrait intervenir dans les prochaines heures ou dans les prochains jours.
« L’État doit tout mettre en œuvre »
« Les salariés retiennent leur souffle », résume Cédric Caubère, secrétaire général de la CGT de la Haute-Garonne. Pour le syndicaliste, l’usine de Saint-Gaudens présente pourtant des fondamentaux solides. « C’est une usine qui est déjà rentable. Elle fait du bénéfice tous les ans », assure-t-il.
À ses yeux, une liquidation du site n’aurait aucun sens. « Nous pensons que l’État doit tout mettre en œuvre pour que cet industriel reprenne le site. Et si ce n’est pas celui-là, que ce soit un autre. Peu importe le temps que ça prendra. Une usine comme celle-là ne s’achète pas comme une boîte de sardines. Personne ne peut comprendre qu’on prive la France d’un tel outil industriel », insiste le responsable syndical.
La CGT rappelle également que reconstruire un site comparable représenterait un investissement colossal. « Une usine comme celle-là, si on devait la reconstruire aujourd’hui, coûterait deux milliards d’euros », avance Cédric Caubère. Pour les représentants des salariés, cette valeur industrielle justifie que toutes les pistes soient explorées avant d’envisager une fermeture définitive.
En attendant, le greffe du tribunal indique que la décision concernant Saint-Gaudens pourrait être rendue dans les prochaines heures… comme dans les prochains jours. Pour les 270 salariés, l’incertitude demeure totale.

















